Lumière! Le cinéma inventé

Cette exposition, créée et conçue par l’Institut Lumière, a été présentée pour la première fois au Grand Palais de Paris en 2015, puis a fait un petit détour par Bologne en 2016. À Bologne, elle était présentée dans sa version tronquée, la hauteur sous plafond ne permettant pas de montrer toutes les installations. Aujourd’hui, elle est visible, dans sa version finale, au Musée des Confluences pour trois mois. Les trois principales personnes ayant pris part à son élaboration sont Jacques Gerber, Thierry Frémaut (commissaires d’exposition) et Nathalie Crinière (scénographe). Au fil du parcours élaboré par cette dernière, nous découvrons les frères Lumière du point de vue l’histoire industrielle, familiale et cinématographique.

Il nous a semblé intéressant de travailler sur ce projet, tout d’abord parce-qu’il rassemblait deux acteurs majeurs du paysage culturel lyonnais : l’Institut Lumière et le Musée des Confluences. Ces deux entités sont aussi intéressantes par les liens presque antagonistes qu’elles ont avec le territoire. L’Institut Lumière fait parti de l’histoire lyonnaise, puisqu’il est constitué de la maison du père des frère Lumière, Antoine Lumière. Cette maison à plus de 100 ans et a toujours joué un rôle historique, mais aussi économique et social dans la ville, la famille Lumière étant une famille d’industriels renommée. Tous les bâtiments plus récents de l’Institut Lumière ont été construit sur l’ancien terrain industriel. À l’inverse, le Musée des Confluences a été construit en 2014. Il est la vitrine du renouveau et de la modernité de Lyon, avec son architecture futuriste et sa localisation dans le nouveau quartier de Confluence. De ces liens avec le territoire ressortent donc deux identités distinctes, qui ont cependant décidé de co-produire une exposition ensemble.

Ce projet a aussi retenu notre attention par sa position géographique : nous nous demandions pourquoi des expositions si semblables avaient lieu quasiment au même endroit, au même moment. Il s’agissait aussi d’une question pratique; les acteurs du projets se trouvaient sur Lyon, il était ainsi plus aisé pour nous de conduire des entretiens avec eux, surtout par le biais du travail d’Étienne au Musée des Confluences.

 Exposé du 20 novembre 2017

Suite à ces premières réflexions, que nous avons poussé plus loin lors de nos recherches, nous nous somme donc demander pourquoi et dans quelles conditions cette co-production avait eu lieu.

Tout d’abord, nous sommes allés visiter le Musée des Confluences et l’Institut Lumière pour faire une observation de terrain (Étienne ira les re-visiter dans la même journée pour avoir un comparatif plus précis). Nous avons ainsi pu avoir accès à la documentation destinée au public, et nous avons aussi trouvé par le biais d’internet des dossiers de presse et critiques sur l’exposition et les deux musées étudiés. Par le biais de son travail, Étienne réussi à analyser des documents internes du Musée des Confluences. Nous pouvions ainsi analyser leurs communications, leurs budgets, et leur médiatisations. Dans le même temps, nous avons lu des ouvrages et articles scientifiques sur la question des musées et des publics. Mais la réponse à notre problématique semblait floue. Nous avons donc contacter les parties prenantes pour connaître les tenants et les aboutissants de la coproduction en elle-même, car il nous est apparu que c’était cette dernière qui était intéressante à analyser d’un point de vue sociologique et culturel. Nous avons eu un premier contact un peu « difficile » avec Nathalie Candito, une des partie prenante, puisque nous n’avions pas été très clairs dans l’explication de notre démarche (de plus, nous avons présenter notre travail, non pas comme une « analyse de dispositif culturel », mais comme une « enquête »). Une fois le tir rectifié, Nathalie Candito nous a donné le noms des parties prenantes à contacter. Nous avons ainsi réalisé deux entretiens : un avec Hélèna Ter Ovanessian, du Musée des Confluences, et Juliette Rajon, de l’Institut Lumière. Nous avons pu ainsi analyser leur discours et avoir un semblant de réponse à notre question.

Si nous n’avons pas eu accès à certaines données, ce travail nous a permit de travailler sur le territoire lyonnais et sur ces deux structures très importantes. Nous avons aussi pu analyser une coproduction dans les faits, et soulever le problème du rôle prit par chacun des acteurs avec des identités aussi marquées. Aussi, notre cheminement nous a donner l’occasion de soulever la question des rapports aux publics des musée et à ces catégorisations. Nous pouvons nous demander plus spécifiquement comment une co-production change le rapport des acteurs de celle-ci à leurs publics.

Étienne Andrzejewski Laura Ferrero

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