Artiste polémique & représentations médiatiques – Le cas de l’annulation des concerts de Médine au Bataclan.

Médine, de son vrai nom Médine Zaouiche, est un rappeur Havrais de 35 ans, connu pour ses textes engagés sur des problèmes de société, et son positionnement particulier de “rappeur musulman”. Doté d’une plume acerbe, son style est très particulier : il cherche à interpeller l’auditeur en le provoquant, pour amener une réflexion et un débat. Médine aime ainsi se jouer des stéréotypes, manipulant volontier tous les clichés du musulman pour les dénoncer.
L’artiste a été programmé au Bataclan les 19 et 20 octobre 2018, salle tristement célèbre pour avoir été la cible d’attentats terroristes perpétrés par le groupe terroriste Daech le 13 novembre 2015, au nom d’une hégémonie radicale de l’Islam.

Cette programmation a suscité une vive réaction dans la société française. Cette polémique est née sur Twitter, à la suite d’une vidéo d’un militant d’extrême droite, dénonçant la programmation de Médine comme une “atteinte à la dignité des victimes”. La “facho-sphère” s’accapare rapidement du sujet, sur Twitter comme sur des médias activistes d’extrême droite. La droite plus institutionnelle s’empare à son tour de cette question, de nombreuses personnalités politiques appelant à interdire la programmation. Le 21 septembre dernier, Médine et le Bataclan décident conjointement d’annuler ces deux dates, “dans une volonté d’apaisement”.

I) Le choix d’un sujet polémique : la polémique autour de l’annulation du concert de Médine au Bataclan.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de situation se produit, l’exégèse des textes de rappeur par des politiques étant monnaie courante depuis les années 90. Le sujet ayant provoqué une grande réaction sur les réseaux sociaux, suivie dans la foulée d’une reprise politico-médiatique, il y a eu beaucoup de réactions. De plus, ce sujet soulève de nombreuses questions qui interrogent nos secteurs professionnels.

II) Une méthodologie orientée sur la recherche des différences de représentation présentes au sein de plusieurs organes de Presse.

Nous avons constitué un corpus de 6 journaux, papier ou web. On y retrouve trois des plus grands quotidiens nationaux : Le Monde (orienté politiquement centre droit), Libération (plutôt centrée gauche) et Le Figaro (dirigé à droite). Nous avons également voulu étudier la réaction de journaux spécialisée dans la culture : Télérama (plutôt orienté sur l’audiovisuel), Booska-p (webzine spécialisée cultures urbaines) et Les Inrocks (magazine généraliste culturel). Nous voulions ainsi voir la réaction de la presse généraliste en fonction de leurs orientations politiques. Nous nous sommes également demandés si la presse spécialisée avait la même façon de traiter les choses.

La polémique étant née le 9 juin sur les réseaux sociaux, nous avons déterminé une durée d’étude allant du 11 juin 2018, date du pic de réaction de la presse généraliste au 23 septembre, à savoir 3 jours après l’annonce par le rappeur du choix d’annuler ses concerts.

Nous avons comparé 3 à 4 articles de chacun des quotidiens nationaux, ainsi qu’un article de Télérama, un article des Inrocks et un article de Booska-p.fr . Après une lecture approfondie du corpus, nous avons choisi de comparer les articles par journaux, afin de dégager une tendance quant aux représentations du rappeur et voir si cette représentation évoluait selon les organes de presse.

III) D’une représentation factuelle à une représentation engagée.

Le Monde
Médine Zaouiche est représenté comme un artiste polémique, s’opposant à l’extrême droite. On ne cite que ses propos conflictuels, et des articles dans lequel il se “justifie”. Le côté artistique est sous-jacent à cette conflictualité, on place l’artiste en individu politique, réagissant à des attaques de ses adversaires. On peut penser que ce traitement est lié à ligne éditoriale du journal, qui traite plus de l’actualité “chaude” que de question artistique. La démarche artistique du rappeur donne ainsi au lecteur des éléments de compréhension de l’actualité.

Libération
Le rappeur est présenté comme un artiste complet, les journalistes vont chercher à donner au lecteur une vision exhaustive de son oeuvre, avec une explication de ses textes ou ses différentes interventions expliquant son travail. L’un des article allant même jusqu’à placer Médine en homme de lettre érudit. Une opposition se construit ainsi, entre d’un côté des attaques “polémistes” émanant de groupe virtuels d’extrême droite, et de l’autre un rappeur qui a une approche singulière de son art. Même si aucun parti n’est pris frontalement pour l’artiste, l’image de Médine est ainsi méliorative, par rapport au procès qui lui est fait publiquement.

Le Figaro
Le journal prend clairement parti contre le rappeur. D’une part en offrant une tribune à charge à ses détracteurs, et d’autre part en utilisant des éléments de langages allant dans leur sens. Ainsi, les journalistes utilisent des vers isolés de ces chansons sans les replacer dans leur contexte artistique. On peut également signifier que des accointances avec des . personnalités polémiques mals vues de l’opinion publique comme Tariq Ramadan ou Dieudonné La représentation transmises est ainsi celle d’un rappeur polémique, qui fait offense à la mémoire des victimes en se produisant sur la scène du Bataclan.

Booska-p
Le rappeur n’est pas du tout présenté dans cet article, on peut supposer que c’est parce que de nombreuses interviews de Médine ont déjà été proposées sur le site. En revanche, l’article est constitué à peu près à moitié de citations de Médine, un peu comme si le journaliste lui offrait une tribune où il peut s’exprimer que ce soit sur la polémique en general ou le choix d’annulation des dates au Bataclan. L’article le place donc en “victime” d’une stratégie de diffamation.

Les inrocks
L’article est largement consacré à la polémique. On présente le point de vue des différents partis en présence, avec une attention toute particulière pour les associations des familles de victime. Médine est ainsi placé en acteur de la polémique. Le journaliste s’attache à développer le propos artistique de Médine, en utilisant ces propos pour expliquer pourquoi l’artiste traite de ces sujets tendancieux que sont l’islam ou la laïcité. C’est donc au lecteur de soutenir l’un ou l’autre des acteurs, avec l’ensemble des arguments présentés. L’artiste est donc supplanté par son implication dans la polémique.

Télérama
Le journaliste consacre un tiers de son article à recontextualiser la place de Médine au sein de son champ artistique. Il qualifie ainsi la posture singulière du rappeur de celle “du rappeur musulman qui combat l’islamophobie”. Le journaliste s’attarde également à expliquer les propos qui ont voulu au rappeur d’être attaqué, réduisant ainsi la polémique à un tweet de Laurent Wauquiez. Il s’essaie ainsi à une critique du style de Médine, le caractérisant “de saillies « politiques » plus ou moins maîtrisées, de fantasmagorie…”. Il apporte enfin un jugement sur le caractère légal de ces paroles et en appelle à une fin de la polémique Le journaliste critique donc assez vivement le style provocateur de Médine qu’il ne juge pas à son goût, mais condamne d’autant plus la polémique.

Enfin, on peut donc dire que les représentations du rappeur soulevées dans la presse varient d’un titre à l’autre. Les uns le voyant artiste victime d’une campagne de diffamation de l’extrême droite, les autres en provocateur embourbé dans une polémique stérile, ou plus rarement en trublion proche des milieux islamistes. A noter que nous avons été surpris du traitement réservé à cet artiste dans la presse spécialisée, nous pensions en effet qu’elle s’attarderait à défendre ardemment une liberté d’expression artistique ou de programmation. En témoigne l’article des Inrocks qui reprend globalement la même trame que celle du Monde.

Romain Chalendar,  Stanislas Malo.

Le master fête ses 30 ans – SAVE THE DATE 06 octobre 2018

Cher.e.s ancien.ne.s étudiant.e.s du Master DPACI,

Cher.e.s ancien.ne.s étudiant.e.s du DESS Développement culturel et direction de projets,

Chers ancien.ne.s de l’ARSEC,

Nous vous écrivons à l’occasion d’un fameux événement : en 2018, la formation diplômante créée en 1988 par Pascale Bonniel-Chalier, Jacques Bonniel et Jacky Vieux, fêtera ses 30 ans.

Si, au cours des années et à plusieurs reprises, elle a changé de nom, cette formation nous a tous.tes rassemblé.e.s à un moment crucial de notre vie pour nous permettre de poser un nouveau regard sur la culture et les métiers qui l’animent.

Professionnel.le.s installé.e.s, étudiant.e.s, jeunes diplômé.e.s, membres du comité pédagogique,  intervenant.e.s, nous vous proposons de tous.tes vous réunir le samedi 6 octobre 2018, pour une journée de réflexion et une soirée festive.

L’occasion de retrouver des ami.e.s, d’ancien.ne.s partenaires de travaux, des intervenant.e.s qui nous ont inspiré.e.s. L’occasion également de partager expériences et questionnements au sujet de ces arts et ces cultures qui nous passionnent et nous entourent.

Et ainsi, l’occasion de célébrer un réseau foisonnant !

En pleine organisation, nous vous indiquerons le lieu définitif de l’événement (à Lyon) dès qu’il sera confirmé. Côté programme, le fil rouge de la journée sera celui du parcours professionnel d’un.e acteur.rice culturel.le. Pour rythmer cette journée nous vous proposons différents ateliers, dont les thématiques vous sont présentées dans le formulaire d’inscription.

Pouvez-vous nous communiquer, via ce dernier, votre intention de présence le jour J et votre choix d’ateliers ? Cela nous aidera à organiser au mieux cet événement. Le formulaire nous permettra également à mettre à jour le carnet d’adresse des ancien.ne.sde la formation.
Nous vous invitons à partager l’information auprès des ancien.ne.s étudiant.e.s que vous souhaitez retrouver !

Dans l’attente de vous lire et de vous rencontrer, nous espérons que vos retours seront nombreux.

Bien à vous et très amicalement,

 

L’équipe de l’association RENCART et Camille JUTANT, Responsable du Master

Colloque international – Politiques culturelles et ordre social 1968–2018 : morales, écarts, possibles

 

Du 12 au 14 décembre 2018, à Lyon et Villeurbanne

En ce cinquantième anniversaire de la Déclaration de Villeurbanne, texte fondateur, engagé et ambigu, nous organisons un colloque qui prend pour objet la politisation par la culture à partir du point de rupture de 1968. L’évolution des référentiels de l’action culturelle et la façon dont ils parlent de (ou taisent) la relation entre politique et culture sera analysée dans trois directions : la spécialisation des protagonistes de la culture (opérateurs, artistes, public) ; la territorialisation de la culture (entre essoufflement des politiques culturelles nationales, internationalisation et montée en puissance du fait urbain) ; lescadres institutionnels et organisationnels de l’activité culturelle (leur caractère contraignant et leursinterstices).

La réflexion collective et pluridisciplinaire sur les mutations des politiques culturelles donnera lieu à laproduction d’un livre blanc sur l’état des lieux des relations entre actions culturelles et moralepolitique.

Vous trouverez ici l’appel à communication pour le colloque

Appel-Colloque Policult68-DEF2

ARTEFACT : Les robots sur scène, le théâtre sans humain. Quels enjeux pour le futur du spectacle vivant ?

 

Artefact : spectacle immersif et étonnant

Le 17 novembre 2017, nous avons assisté au spectacle ​Artefact,​ présenté au Théâtre Nouvelle Génération (TNG) dans le cadre du festival Micro Mondes et crée par Joris Mathieu en compagnie de Haut et Court. Joris Mathieu, metteur en scène et directeur du TNG depuis 2015, était présent après le spectacle pour discuter avec les spectateurs et pour initier un échange des réflections et des émotions.

Artefact ​est une pièce de théâtre immersive et ambulante, sans humains sur scène, qui pose des questions sur le rôle des machines et des robots dans notre société, sur la puissance de l’intelligence artificielle et sur « la disparition pure et simple de l’Humanité1. » Divisé en trois parties, le spectacle évoque une ou plusieurs pièces de théâtre connues par partie, notamment ​Hamlet ​et ​Macbeth de William Shakespeare, ​R.U.R. de Karel Čapek, et ​En attendant Godot ​de Samuel Beckett. A travers ces références, la pièce distingue un thème principal par partie : la mortalité de l’Homme comme individu, la culture humaine face aux machines, et la fin de l’humanité tout court. Les spectateurs sont repartis eux aussi en trois groupes, un dispositif significatif pour appréhender la trame narrative du spectacle qui, selon le metteur en scène « finit toujours par faire une boucle un peu logique2 », malgré le fait que les trois groupes ne voient pas les trois parties du spectacle dans le même ordre.

Suivant notre expérience en tant que spectatrices, nous étions interpellées par les thèmes abordés dans ce spectacle, mais aussi par des questions plus larges qui concernent les relations entre le théâtre, les machines et la logique du metteur en scène. Nous demandons donc, ​e​n quoi l’utilisation des robots comme comédiens dans le théâtre communique l’intention du metteur en scène, du dramaturge, et révèle la signification qu’ils donnent à ces machines ?

Le robot naît au théâtre

L’idée d’utiliser de la technologie sur scène nous paraît spécialement pertinente aujourd’hui, mais cette notion remonte bien loin dans le passé si nous considérons le fait que « la technique a toujours été au service du théâtre3 », comme l’a évoqué Joris Mathieu pendant notre temps d’échange. Le concept du robot comme nous le connaissons, date de 1920, avec la pièce ​R.U.R.​ de Čapek, le nom venant du tchèquerobota​ ou « travail forcé4 ». A travers cette oeuvre, Čapek interroge non seulement le concept de robot comme un être fait à l’image de l’homme pour travailler à sa place, mais il soulève aussi des questions sur le destin de l’Humanité face aux machines intelligentes, et à ce que deviendra notre héritage. ​Artefact f​ ait référence à cette oeuvre, pour poser les mêmes questions presque un siècle plus tard.

Le sujet de l’éthique est surtout présent dans ​R.U.R.,​ et Čapek nous fait réfléchir à la question : si nous créons des robots à notre image, est-ce que nous sommes tenus de leur donner les mêmes droits que que ceux dont nous jouissons ? Dans​ Artefact,​ ce questionnement éthique est posé en lien direct avec les comédiens : comment justifier le remplacement des comédiens humains par des machines ? Pendant que ​Artefacttourne, les comédiens de la compagnie Haut et Court sont au chômage. En revanche, ces emplois perdus sur scène sont remplacés par des emplois derrière la scène, notamment ceux des techniciens qui s’occupent des machines. ​Artefact​ nous donne accès à un monde de théâtre sans comédien, mais le théâtre sans technicien reste inimaginable, car les robots sur scène ont tout de même besoin d’être programmés et entretenus par des humains.

Le robot comme protagoniste

La présence du numérique dans les arts plastiques est évidente depuis longtemps, mais ces mêmes technologies « acquièrent aujourd’hui un véritable protagonisme5 » dans le spectacle vivant. Dans le théâtre les dispositifs numériques pour créer des effets sur scène sont de plus en plus présents, mais ils restent à l’arrière plan. En utilisant des machines en lieu et place des comédiens, les spectacles comme A​ rtefact ​donnent une importance et une signification au numérique qui n’était pas possible en gardant ces dispositifs derrière la scène. Nous pouvons interroger également le choix des machines utilisées, selon certaines distinctions suivantes:

« On peut établir la typologie suivante pour l’objet en question [l’objet technologique], tant matériel (robotique, par exemple) que numérique (un logiciel) : soit c’est un objet existant qui acquiert sur la scène un nouvel usage et une nouvelle signification, soit il naît uniquement pour la scène et en détermine une esthétique spécifique6. »

Au lieu de se focaliser sur la création de nouvelles technologies pour soutenir les comédiens, ​Artefact​ se réapproprie des machines existantes, en les transformant en comédiens. Son « objet technologique » est donc matériel, et porteur d’une nouvelle signification à travers son usage sur scène. A​ rtefact​ nous fait nous questionner sur la façon dont nous arrivons à être touchés par de simples machines. Pour cette raison, le fait que le bras robotique et l’imprimante 3D soient des machines pas faites à l’image de l’homme, donne encore plus de puissance à leur présence sur le plateau. Utiliser le robot comme protagoniste dans une pièce, suppose aussi que les émotions évoquées pendant le spectacle seront en lien avec cette machine. A travers des textes récités par les machines, comme est le cas dans A​ rtefact​, de fortes émotions arrivent à être exprimées. Néanmoins, même si le robot sert à transmettre la parole efficacement, il y a un travail en amont d’écriture ou d’adaptation de texte qui nous ramène vers le côté humain.

Le titre A​ rtefact f​ ait référence aux objets représentatifs d’une culture humaine, qui sont définis en anthropologie comme des produits « ayant subi une transformation par l’homme.7» Les machines présentes sur scène sont des créations de l’homme, et donc des artefacts. Afin de nous interroger sur la transmission des savoirs pour perpétuer notre existence tant qu’humain, A​ rtefact ​nous présente un futur où les machines sont les derniers artefacts, la dernière trace de l’Humanité, tout en étant la cause même de sa fin. Mais il pose aussi la question de la définition du mot artefact, la transformation d’objet doit-elle être strictement réalisée par un être humain ? Si nous imaginons une intelligence artificielle assez puissante pour créer des oeuvres originales, celles-ci seront-elles des artefacts ou réservons-nous ce mot aux créations humaines ? ​Artefactdemande si le robot peut être créateur et non seulement outil, en nous proposant un scénario dans lequel les robots se réapproprient le théâtre en retravaillant des textes existants. Dès lors, le robot dans ​Artefact s’​approche du rôle de créateur en devenant passeur de savoirs et producteur d’une sorte d’artefact.

Le message derrière les machines

Nous pouvons comparer la mise en scène et la signification d’​Artefact​ avec celles d’autres spectacles vivants qui utilisent des robots. ​Sayonara, version 2​ d’Oriza Hirata, par exemple, met ensemble sur scène un humain et un androïde (avec une apparence si réaliste que c’en est troublant); pour nous faire réfléchir à la place des robots dans notre monde aujourd’hui et pour nous avertir des dangers qui nous attendent dans le futur. Hirata normalise l’utilisation des robots dans le théâtre, en utilisant des androïdes non seulement dans ​Sayonara m​ ais aussi dans ses adaptations de ​La Métamorphose​ de Kafka et ​Les Trois Soeurs​ de Tchekhov, en version androïde. Pour Hirata, le futur des robots dans notre vie, et surtout dans notre théâtre, est évident8. Il ne s’agit donc pas de se demander si les robots vont avoir une présence sur scène, mais de savoir quelle signification nous donnerons à cette présence. Pourquoi mettre des robots sur scène, et pour transmettre quel genre de message ?

Dans les performances de danse ​Robot​ de Blanca Li et ​School of Moon​ de Eric​ ​Minh Cuong Castaing, les robots NAO dansent sur le plateau avec les danseurs humains, leurs deux corps à la fois en lien et en contraste à travers leurs mouvements. Ces spectacles explorent des questions de relation entre corps, et plus largement entre l’homme et la machine, comme Bianca Li le demande : « Une machine même évoluée peut-elle remplacer le rapport au vivant9 ? » Les robots humanoïdes NAO représentent une forme de machine entre le bras robotique froid et sans visage de ​Artefact,​ et l’androïde de Sayonara​ avec son apparence si réaliste que nous ne la distinguons pas facilement sur scène comme étant une machine. Li nous fait revenir également sur la question de la signification du mot artefact et l’idée de la machine comme créatrice, en demandant : « Les robots sont-ils des entités capables d’intégrer le désordre créateur10? »​ Le spectacle de Li repose surtout sur des éléments fantastiques pour émerveiller le spectateur, mais il finit par poser les mêmes questions sérieuses et sombres que S​ayonara​ et Artefact​.

Nous nous interrogeons également sur la question des publics et sur le rôle des jeunes comédiens et spectateurs, face aux machines. ​School of Moon​ met en scène des enfants, et le travail de Joris Mathieu vise surtout à « ​inventer des dispositifs innovants pour aller à la rencontre des publics et en particulier des plus jeunes spectateurs11 ​» . Si la signification derrière ses oeuvres est d’imaginer notre futur avec les machines, ce sont les enfants qui le vivront. En mettant des enfants sur le plateau avec les machines ou dans le public, ces spectacles posent des questions sur l’avenir directement aux jeunes qui vont le construire.

Robots sur scène : le futur du théâtre ?

L’enjeu du numérique dans le théâtre, et plus globalement dans les arts, n’est pas récent, mais il nous semble de plus en plus pertinent avec la rapidité des avancées technologiques et l’accélération de notre dépendance au numérique, au cours des deux dernières décennies. Dans le milieu du théâtre, le numérique est surtout présent derrière le spectacle, du côté du technicien et en arrière plan de la scène, mais à travers les oeuvres que nous venons d’évoquer, il est clair que la technologie et en particulier les machines, commencent à avoir plus de présence sur scène. Nous nous demandons donc si cette présence de robots-comédiens n’est « qu’une question de temps12 », comme le metteur en scène Oriza Hirata en est convaincu.

Nous nous questionnons aussi sur le rôle de la culture dans cette évolution. Dans la société japonaise dans laquelle Hirata vit et travaille, la présence des robots au quotidien est déjà normale, et leur insertion complète dans la société et plus recherché au Japon qu’ailleurs. Les robots NAO par exemple, sont largement utilisés ont vocation​ à être bientôt «​ ​mis au service du grand public comme assistant personnel13 ​» non seulement au Japon mais dans le monde entier.​ ​Au japon l’utilisation des robots dans le théâtre est donc moins choquante, et même logique. Les pièces de Hirata, comme celle de Mathieu nous font réfléchir au futur de l’Humanité, et à notre Histoire collective. Mais en réfléchissant aux différences culturelles, nous nous demandons si le déroulement de cette Histoire pourrait se passer différemment dans les diverses parties du monde.

Melissa DOUVILLE Tereza KASPAROVA

 

1 ​Mathieu, Joris, directeur du TNG. Discussion post-séance le 17 novembre 2017.

2 Idem.

3 Mathieu, Joris, directeur du TNG. Discussion post-séance le 17 novembre 2017.

4 Larousse (2018) ​Robot ​[en ligne]. Disponible sur : ​http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/robot/88768

5 Pluta, I. ​(2016) ​Lorsqu’un metteur en scène re/invente un objet technologique. Parcours, collaborations, traces, Hispania, 31 (19), p. 121

6 Pluta, I. ​(2016) ​Lorsqu’un metteur en scène re/invente un objet technologique. Parcours, collaborations, traces, Hispania, 31 (19), p. 121

7 ​Larousse (2018) ​Artefact ​[en ligne]. Disponible sur : ​http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/artefact/5512

8 Hirata, O. (2011) Le théâtre et les robots. Agôn, [en ligne] Disponible sur :http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=1170​ ​/

9 Blanca Li (2014) ​Robot ​[en ligne]. Disponible sur : ​https://www.blancali.com/fr/event/99/robot

10 Idem.

11Théâtre Nouvelle Génération (2017) ​Joris Mathieu ​[en ligne]. Disponible sur :http://www.tng-lyon.fr/artistes/joris-mathieu/

12 Pluta, I. (2013) Robots sur scène : (En)jeu du futur / Sayonara ver. 2 / Les Trois Soeurs version Androïde. Jeu, [en ligne] 149 (145–148), Disponible sur : ​https://www.erudit.org/fr/revues/jeu/2013-n149-jeu01089/70915ac/

13 ​Blanca Li (2014) ​Robot ​[en ligne]. Disponible sur : ​https://www.blancali.com/fr/event/99/robot

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages :

Besnier, J. (2009) Demain les posthumains. Paris : Hachette Littératures.
Mèredieu, F. (2004) Histoire matérielle et immatérielle de l’art moderne. Paris : Larousse.

Articles de revue :

Pluta, I. ​(2016) ​Lorsqu’un metteur en scène re/invente un objet technologique. Parcours, collaborations, traces, Hispania, 31 (19), pp. 115–129

Pluta, I. (2013) Robots sur scène : (En)jeu du futur / Sayonara ver. 2 / Les Trois Soeurs version Androïde. Jeu, [en ligne] 149 (145–148), Disponible sur :https://www.erudit.org/fr/revues/jeu/2013-n149-jeu01089/70915ac/​ [Consulté le 16 février 2018]

Hirata, O. (2011) Le théâtre et les robots. Agôn, [en ligne] Disponible sur :http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=1170​ ​/​ [Consulté le 20 février 2018]

Articles de Presse

Chazelle, A. (2016) Danse avec les robots. Mouvement​, [​ en ligne] 5 janvier 2016. Disponible sur :http://www.mouvement.net/teteatete/entretiens/danse-avec-les-robots​ [Consulté le 22 février 2018]

Morain, O. (2017) « Artefact » : Joris Mathieu bouscule les codes du travail et remplace les comédiens par des robots. France info, [en ligne] 16 avril 2017. Disponible sur :https://culturebox.francetvinfo.fr/theatre/theatre-contemporain/artefact-joris-mathieu-remplace -les-comediens-par-des-robots-254791​ [Consulté le 22 février 2018]

Hillériteau, T. et Bavelier, A. (2013) Robots, androïdes, hologrammes : les nouvelles stars. Le Figaro, [en ligne] 26 décembre 2013. Disponible sur :http://www.lefigaro.fr/theatre/2013/12/26/03003-20131226ARTFIG00143-robots-androides-holo grammes-les-nouvelles-stars.php​ [Consulté le 20 février 2018]

Site-webs

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Larousse (2018) A​ rtefact [​ en ligne]. Disponible sur :http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/artefact/5512​ [​ Consulté le 20 février 2018]

La réduction des contrats aidés

 

Nous avons choisi de travailler sur la réduction des contrats aidés et l’impact de cette mesure sur le milieu culturel. Nous avons vite compris que le gel des contrats aidés soulevait un certain nombre de problèmes. Nous nous sommes alors demandé :

En quoi les mesures prises par le gouvernement sur les contrats aidés ont-elles un impact sur le milieu culturel ? Et de manière plus globale, de quelle manière le milieu culturel peut-il être directement impacté par des décisions prises par le gouvernement ?

 

17 articles composent notre corpus, issus des journaux suivants :  Petit Bulletin, Ouest France,La Gazette des communes,LeBerry Républicain, Le Progrès, Les Échos, Le Monde, Le Télégramme, La Dépêche du Midi, France Info.

 

Présentation des contrats aidés

 

Sur le site du web du Ministère du Travail, nous pouvons trouver la description des quatre types de contrats aidés (http://travail-emploi.gouv.fr/emploi/insertion-dans-l-emploi/contrats-aides/). Ces contrats s’adressent aux publics éloignés du marché du travail (demandeurs d’emploi de longue durée, jeunes en grande difficultés). L’embauche et l’accompagnement sont encadrés et appuyés financièrement par l’état. Nous trouvons ainsi : les emplois d’avenir, le contrat unique d’insertion – contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI – CAE), le contrat unique d’insertion – contrat initiative emploi (CUI – CIE), ainsi que le contrat starter.

 

Les décisions du gouvernement

 

Le gouvernement a annoncé cet été le gel des contrats aidés, jugés « coûteux et peu efficaces. » Cette mesure prise en période estivale sans aucune discussion avec les acteurs concernés a créé la politique, notamment dans le secteur culturel qui nous intéresse particulièrement ici. Les conseillers Pôle Emploi, qui se chargent de signer les conventions entre l’État et les structures, ont donc eu de mauvaises nouvelles à annoncer du jour au lendemain. Ce qui a surtout surpris et alimenté la polémique a donc été la manière dont cela a été fait : sans préavis, sans discussion avec les secteurs concernés et sans solution en échange, rien pour remplacer ces contrats non renouvelés.

 

En 2016, 460.000 contrats aidés avaient été signés. En 2017, durant la présidence de François Hollande, une forte baisse avait été décidée avec 270.000 contrats prévus. Or, une majeure partie de ces contrats ont été accordés durant le premier semestre de l’année. Lorsque que le mandat d’Emmanuel Macron a alors commencé, il ne restait plus assez de contrats possibles pour le deuxième semestre au vu de la demande. Ceci a constitué le premier mouvement de panique. Pour régler les situations les plus délicates, le gouvernement a alors créé environ 40.000 contrats supplémentaires élevant ainsi le chiffre total à 310.000 contrats pour l’année, ce qui représente tout de même 150.000 contrats de moins qu’en 2016. Enfin, pour 2018, le gouvernement Philippe indique assez clairement vouloir réduire ce chiffre à 200.000 contrats ; raison pour laquelle de nombreux contrats n’ont pas été renouvelés.Pratiquement tous les secteurs sont concernés et notamment les plus gourmands en contrats aidés comme celui de la culture.

 

Pourquoi cette réduction ? Le gouvernement maintient que ce système est trop cher et peu efficace. Le but de ces contrats est d’aider les gens à s’insérer sur le marché du travail. L’année dernière, cela a couté plus de 4 milliards d’euros à l’Etat qui explique que le chômage n’a pas beaucoup baissé.

Le gouvernement maintient le dispositif à un niveau de 200 000 pour 2018 mais le resserre : les entreprises privées qui les utilisaient n’y auront plus droit. Ensuite, il cible les contrats aidés sur des secteurs prioritaires : l’urgence sanitaire et sociale (c’est à dire les associations de lutte contre la pauvreté ou d’aide d’urgence) ou encore l’accompagnement des enfants handicapés en milieu scolaire. L’outre-mer aussi sera privilégiée. Le gouvernement promet aussi d’être plus regardant sur ceux qui en bénéficieront : il réserve ces contrats aux jeunes et aux moins qualifiés. Par ailleurs, le terme « contrat aidé » pourrait bien disparaître pour laisser place aux « parcours emploi compétences », relativement similaires.

 

Les impacts sur le milieu culturel

 

Romain Blachier, adjoint à la Culture et au Numérique à Lyon 7e et membre de la commission culture d’Emmanuel Macron, a alerté la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, et son directeur de cabinet Marc Schwartz : « Je pense qu’il s’agit avant tout d’une méconnaissance du dossier. Il n’y a que dix conseillers par ministre, ils n’ont pas une vision à 360 degrés. La fin du contrat aidé dans l’industrie ou l’entreprise n’est pas
forcément une bêtise. Dans la culture, c’est différent, je ne suis pas pour leur suppression brutale, les plus petites structures vont pâtir de cette décision. »

 

Le milieu culturel se trouve en effet directement impacté par les décisions du gouvernement puisque de nombreuses structures et associations avaient recours aux contrats aidés. Le corpus d’articles de presse relate des témoignages de personnes qui se retrouvent sans emploi ou qui doivent fermer leur structure par manque de moyen et de personnel.

 

Romain Blachier précise la complexité de ces contrats dans le milieu culturel : « Malheureusement, {ils} sont souvent détournés. Il ne faut pas que le CAE soit un moyen de subvention déguisé : est-ce normal que, pendant vingt ans, une compagnie n’embauche que des CAE sans jamais les intégrer en CDI au bout de deux ans ? Ne devrait-on pas créer un contrat moins hypocrite, changer la forme ? ».

 

En effet, les contrats aidés dans le milieu culturel n’étaient pas toujours réellement adaptés à la situation des personnes mais apparaissaient souvent être l’unique solution pour permettre une embauche.

 

Conclusion

 

Ce type de contrat permet à des petites structures de pouvoir embaucher des employés qu’elles n’auraient pas pu rémunérer sans contrat aidé.

En gelant les contrats aidés ce sont les employés, les PME, les associations et les collectivités locales qui se trouvent touchés. Ces contrats sont essentiels pour maintenir le tissu associatif et culturel qui n’a pas toujours les moyens de rémunérer le personnel nécessaire, notamment dans un contexte qui voit les subventions publiques souvent en baisse.

 

Le problème principal de cette décision du gouvernement a été la brutalité de sa mise en œuvre et le fait que rien ne soit pour l’instant proposé en échange. Il est important de noter tout de même que dans le milieu culturel, il est vrai que de nombreux contrats aidés avaient été signés par manque de moyens financiers de la part de l’employeur, souvent associatif, et non par réel éloignement du marché du travail de l’employé. Dans le milieu culturel, ce contrat n’est donc pas forcément la solution idéale, ou du moins la plus adaptée au contexte, mais il était un moyen très utile de maintenir la vie associative et culturelle à moindres coûts pour les structures les plus en difficulté. Il apparaît nécessaire de trouver une alternative afin de pallier aux difficultés créées par la suppression de nombreux contrats aidés.

 

Cette question d’actualité permet de mettre en relief la précarité du milieu culturel, notamment le réseau des petites et moyennes associations. Cela montre aussi à quel point une décision gouvernementale peut impacter de manière rapide et violente tout un milieu. Le secteur culturel n’apparaît toujours pas être une priorité politique, même si des promesses de solutions ont été prononcées par la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Mais, cela soulève surtout la question plus générale du rôle de l’État dans le milieu culturel.

 

Lola Rodamel & Fanny Dessaix

Corpus articles contrats aidés

Classement par ordre chronologique

 

 

  • Nicolas Bros, « Le Musée du vieux Saint-Étienne contraint de fermer », Le Petit Bulletin, Édition de Saint-Étienne, {En ligne} publié le 31/08/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/saint-etienne/infos-article-58686-Le+Musee+du+vieux+Saint-Etienne+contraint+de+fermer.html

 

  • Nadja Pobel, « Les clochards célestes. Louise Vignaud : « du temps pour créer ! » », Le Petit Bulletin, Édition de Lyon, {En ligne} publié le 05/09/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/lyon/theatre-danse-article-58699-Louise+Vignaud+++++Du+temps+pour+creer+!++.html

 

  • Raphael Bloch, « Contrats aidés : les secteurs les plus touchés par les suppressions », Les Échos, {En ligne} publié le 05/09/17

Accès :https://www.lesechos.fr/economie-france/social/010209264852-contrats-aides-les-secteurs-les-plus-touches-par-les-suppressions-2111793.php

 

  • Sébastien Broquet, « Édito », Le Petit Bulletin, Édition de Lyon, N°889 du 06/09 au 12/09/2017

 

  • « Emplois aidés : des questions sans réponse », Éditorial, Le Monde, {En ligne} publié le 09/09/17

Accès :http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/09/09/emplois-aides-des-questions-sans-reponse_5183331_3232.html

 

  • Julie Hainaut, « Gel des contrats aidés : la culture fortement impactée », Le Petit Bulletin, Édition de Lyon, {En ligne} publié le 12/09/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/lyon/infos-article-58806-Gel+des+contrats+aides+++la+culture+fortement+impactee.html

 

  • Geoffrey Gaye, « L’inquiétude règne à la MJC », Le Progrès,{En ligne} publié le 13/09/17

Accès :http://c.leprogres.fr/rhone/2017/09/13/l-inquietude-regne-a-la-mjc

 

  • Jean-Baptiste Auduc, « Contrats aidés en baisse : la culture en berne », Le Petit Bulletin, Édition de Grenoble, {En ligne} publié le 15/09/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/grenoble/infos-article-58895-Contrats+aides+en+baisse+++la+culture+en+berne.html

 

  • Emilie Denètre, « Réduction des contrats aidés : quel impact sur le secteur culturel ? », La Gazette des communes, {En ligne} publié le 19/09/17

Accès :http://www.lagazettedescommunes.com/524081/reduction-des-contrats-aides-quel-impact-sur-le-secteur-culturel/

 

  • Fanny Guinochet, « Le décryptage éco. Le gouvernement fait-il vraiment un geste sur les contrats aidés », France Info, {En ligne} publié le 22/09/17

Accès :http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-decryptage-eco/le-decryptage-eco-le-gouvernement-fait-il-vraiment-un-geste-sur-les-contrats-aides_2362227.html

  • « Contrats aidés. Le Conseil culturel de Bretagne tire la sonnette d’alarme », Le Télégramme, {En ligne} publié le 25/09/17

Accès :http://www.letelegramme.fr/finistere/contrats-aides-le-conseil-culturel-de-bretagne-tire-la-sonnette-d-alarme-25-09-2017-11676047.php

 

  • Marianne Deumié, « Leur avenir menacé par la fin des emplois aidés », Ouest France{En ligne}, publié le 03/10/17

Accès : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/trelaze-49800/leur-avenir-menace-par-la-fin-des-emplois-aides-5292541

 

  • Françoise Etoubleau, « Sans salariés, le musée et le Kifanlo en péril », Ouest France {En ligne} publié le 03/10/17.

Accès :https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-sables-dolonne-85100/sans-salaries-le-musee-et-le-kifanlo-en-peril-5292136

 

  • Sébastien Broquet, « Loïc Graber : l’inconnu », Le Petit Bulletin, Édition de Lyon, {En ligne} publié le 10/10/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/lyon/infos-article-59177-Loic+Graber+++l+inconnu.html

 

  • Sabrina Vernade, « Il restera désormais fermé le samedi après-midi, les dimanches et jours fériés », Le Berry Républicain,{En ligne} publié le 17/10/17

Accès :http://www.leberry.fr/sainte-montaine/loisirs/fetes-sorties/2017/10/17/il-restera-desormais-ferme-le-samedi-apres-midi-les-dimanches-et-jours-feries_12592962.html

 

  • Christophe Zoia, « Emplois aidés : la culture tousse », La Dépêche, {En ligne} publié le 30/10/17

Accès :https://www.ladepeche.fr/article/2017/10/30/2675313-emplois-aides-la-culture-tousse.html

 

  • Sébastien Broquet, “6e Continent, c’est fini”, Le Petit BulletinÉdition de Lyon, {En ligne} publié le 19/12/17

Accès :

http://www.petit-bulletin.fr/lyon/infos-article-59905-6e+Continent++c+est+fini.html

 

 

Le modèle du café-théâtre à Lyon, un pari pour l’entrepreneuriat culturel

 

Depuis mai 68, comme l’écrit Vincent CASANOVA[1], on constate une rupture dans l’histoire du théâtre en France. Au cours des années 70 se multipliaient des jeunes compagnies qui cherchaient à promouvoir un théâtre d’un genre nouveau, qui se voulait plus léger et accessible aux divers publics, notamment sur le plan financier et artistique. Le but était de déconstruire les codes traditionnels du théâtre et d’impliquer le public dans le spectacle en cassant la frontière entre le spectateur et la scène. Nous assistions à la naissance des cafés-théâtres.

 

C’est à Lyon notamment que le modèle s’est particulièrement épanoui, à tel point que le café-théâtre fait partie de la culture des Lyonnais.e.s. Aujourd’hui, face aux enjeux actuels, les cafés-théâtres lyonnais se réinventent régulièrement pour rester innovants et toujours aussi populaires. Entre autres, le phénomène internet par exemple, qui a bouleversé la scène et surtout les petites salles.

 

En quoi le modèle du café-théâtre est-il un exemple d’entrepreneuriat et d’innovation dans le secteur culturel à Lyon? Est-ce qu’aujourd’hui ce modèle économique est-il toujours viable?

 

Pour tenter de répondre à ces questions, nous avons au préalable étudié et analysé le modèle économique de neuf cafés-théâtres lyonnais en recueillant les informations les plus pertinentes à travers quatre hypothèses. Puis, nous avons choisi deux cafés-théâtres qui nous sont apparus reposer sur des fonctionnements différents, afin de constater ou pas nos hypothèses sur le terrain et d’approfondir notre réflexion en interrogeant les représentants de ces deux structures sur la base d’une étude de faisabilité (stratégie commerciale, politique de prix, analyse d’offre et demande, etc.). Il s’agit du:

Le Shalala – Bar à spectacles-, qui a retenu notre intérêt en raison d’une proposition à caractère innovant et de sa creátion récente;

Le Complexe du Rire – Café-théâtre, qui est à l’inverse fortement implanté depuis plus de 20 ans dans le paysage culturel lyonnais et qui chaque année se réinvente.

 

     Le  modèle du café-théâtre exige une programmation centralisée sur le divertissement afin d’atteindre un grand nombre de public.

 

Le café-théâtre puise dans des inspirations plus lointaines et historiques. Avec une programmation centrée sur l’humour où “Les textes dramatiques sont souvent satiriques (one (wo)man show) ou poétiques (montage de textes, poèmes ou chansons)”[2]; on peut trouver une filiation avec les tavernes du Moyen Age, ou encore les cafés philosophes du XVIII siècle.

 

À Lyon, le premier café-théâtre est né en 1985 de l’idée de trois amis (Pascal COULAN, Philippe GIANGRECO, et Henri POURADIER DUTEIL). L’Accessoireest considéré comme le deuxième café-théâtre de la France. Ce lieu mythique a accueilli la majorité des comédien.ne.s lyonnais.e.s qui aujourd’hui font vivre les différents lieux de café-théâtre et qui ont donné à Lyon le titre de la capitale du genre selon France Info[3].

 

     Le modèle du café-théâtre est basé sur la diversification du financement afin d’assurer son développement. À Lyon, ce modèle dépend plutôt de la relation commerciale avec les entreprises.

 

Selon Frédéric de Beauvoir, directeur de Le 100, un établissement solidaire qui aide et forme les artistes à l’entrepreneuriat culturel à Paris: « l’œuvre ne suffit plus à l’artiste pour vivre. Ce capital symbolique qu’elle constitue doit être consolidé par une diversification, afin de créer une activité économique pérenne. »[4]Pour Le Shalalaet Le Complexe du Rire,les soirées privées et la location de salles aux comités d’entreprise (activités sociales et culturelles au profit des salarié.e.s) ou directement aux sociétés (pour des actions de “team-building”par exemple) constituent les activités les plus rentables.

 

Pour autant, Maxence FONTAINE et Hélöise BARON du Le Shalala, même s’ils le font occasionnellement (3 ou 4 fois par an en moyenne) ne cherchent pas à développer davantage ce type de relation avec les entreprises. Ils sont fortement attachés à l’idée que Le Shalala reste un espace d’échanges, de coopération et de totale liberté artistique. Steven HEARN constate en ce sens ce point que “les motivations des entrepreneurs du secteur culturel sont plus intrinsèques (originalité, valeur et sens des projets, créativité) que extrinsèques (rémunération)” dans son Rapport sur le développement de l’entrepreneuriat dans le secteur culturel en france.En ce sens, Cécile MAYET, directrice artistique de Le Complexe du Rire, considère que la viabilité financière de son café-théâtre est liée à la diversification des services et prestations proposés. C’est la somme de la vente des billets, la location de salles, la restauration (90% des gens mangent avant le spectacle) et les soirées privées qui rendent le projet rentable. Aujourd’hui, au sein de ce lieu, les recettes générées par le bar à tapas en une soirée équivaut à la rentabilité de la billetterie d’une salle de spectacle. Le Complexe du Rire réalise un chiffre d’affaires annuel d’un million d’euros. De son côté, pour financer ses activités, Le Shalaladéveloppe le financement participatif, grâce auquel il a pu obtenir 10 000 euros pour sa création, mais il n’a pas encore arrêté définitivement de stratégie commerciale ou de modèle économique.

 

     La force du phénomène internet a impacté au niveau économique les cafés-théâtres lyonnais.

 

Actuellement, un de plus grands défis pour les cafés-théâtres est d’attirer un public plus jeune. Selon Cécile MAYET, la jeunesse doit faire face à des contraintes financières élevées et à une certaine précarité. Les jeunes et notamment les étudiants, vont avoir tendance à préférer se divertir à la maison en regardant les chaînes desone man’s show sur YouTube. C’est ce qu’elle appelle “la culture à domicile”.

 

Les modes de communication ont également changé,  et les cafés-théâtres doivent nécessairement s’y adapter. Pour faire connaître Le Complexe du Rireau plus grand nombre, la structure a promu un serveur expérimenté de son personnel à la communication sur la plateforme Instagram.

 

Les plateformes numériques et réseaux sociaux sont également un formidable vivier de talents et au final une concurrence non négligeable aux cafés-théâtres. Pour le youtubeur et producteur Lorenzo BENEDETTI, ce que les cafés-théâtres et les émissions de télévision faisaient dans la recherche de nouveaux talents, aujourd’hui les chaînes de YouTube le font très bien, “tous les gens qui ont du talent utilisent ce canal très direct pour s’exprimer et ensuite pour s’en repérer, puisqu’ils font de vues et, donc ça attire l’attention des producteurs comme moi ou d’autres, et grâces à ça ils arrivent à accéder à la notoriété.” Donc, YouTube produit une quantité très grande de nouveaux talents pour un jeune public qui est très connecté. 85% des français ont accès à internet et 74% y accèdent tous les jours- 95% de ces gens sont des jeunes entre 18 et 24 ans. (Données du Baromètre du Numérique de l’étude annuel CREDOC.) Pour conquérir ce public nouveau, Le Complexe du Rire  a invité un youtubeur pour jouer un spectacle, ce qui a été un grand succès.

 

     La baisse des subventions publiques et le désir d’indépendance des artistes ont rendu de manière globale le comedien.ne entrepreneur.e

 

Françoise BENHAMOU décrypte dans L’économie de la cultureles effets pervers de la subvention et comment les prix des spectacles ne suffisent pas pour couvrir l’accroissement des coûts de fonctionnement. La baisse des subventions publiques peut rendre vulnérable l’artiste et in fine menacer sa liberté artistique. C’est la raison pour laquelle, on constate que les artistes cherchent à développer des nouvelles formes d’organisation. Catherine PARADEISE introduit dans son livre Les Comédiens, profession et marchés du travailparu en 1998 la notion de «nouveaux comédiens-entrepreneurs». L’auteure les définis comme des artistes qui montent de petites compagnies, souvent sous la forme souple d’association, pour rechercher des financements.

 

La notion d’entrepreneuriat culturel a été partagée pour la première fois en 1982 par le sociologue Paul DIMAGGIOqui a décrit comment s’est construite la “culture savante” à Boston aux Etats-Unis. Il reconnaissait une forme d’organisation alternative dans le secteur de la musique, où les collègues travaillaient ensemble de façon coopérative, pour partager les bénéfices et gérer le groupe. Cependant ces structures étaient vulnérables aux initiatives du marché.

En ce domaine,Le Shalalaa voulu créer une structure basée sur la mise en commun et mobilisation de toutes les compétences présentes au profit de l’association. Tous et toutes sont comédien.ne.s, mais chacun.e sont, à tour de rôle et selon les affinités, serveur.euse, régisseur.euse, administrateur.trice. Une histoire de polyvalence maîtrisée qui renforce la liberté d’action au service du projet artistique et l’envie de créer un lieu de partage de valeurs éloigné du système financier et du besoin vital de subventions publiques. Dans son rapport précité, Steven HEARN explique que «la plupart des acteurs de la vie économique n’envisage la culture que sous l’angle du mécénat. Pour eux, le plus souvent, les entrepreneurs du secteur sont des artistes mauvais gestionnaires évoluant dans un secteur exempt de rentabilité».C’est pour cela qu’un lieu comme Le Shalaladevient aussi un terrain pour discuter les principales problématiques du secteur comme le statut d’intermittent du spectacle et sa difficulté d’interagir avec les acteurs économiques pour mettre en lumière une problématique actuelle. De son côté, Le Complexe du Rire, qui est exploité sous la forme d’une société commerciale (SARL), créé chaque année des projets innovants qui ont permis financer son activité depuis 20 ans et qui emploie une vingtaine de personnes qui font vivre le lieu. Tout cela, sans financement public ou privé. Après avoir investi 5 000 francs pour sa création, Le Complexe du Rirese valorise aujourd’hui à 105 000 euros.

 

     En conclusion, si les enjeux sont importants et les défis nombreux pour les structures culturelles, ils sont, et ont été pour les cafés-théâtres lyonnais une formidable opportunité de faire le pari gagnant de l’innovation à tous les points de vue (culturel, organisationnel, structurel, juridique), et ainsi maintenir sa place si particulière dans le paysage culturel de la ville.

En 2018, Lyon continue à accueillir des nouveaux lieux sous la forme de café-théâtre ou bar à spectacles, comme Le Nid de Poule, troupe d’artistes qui cherchent à dynamiser son propre secteur et à créer des nouveaux modèles économiques pour continuer à s’exprimer sans tabou et à partager l’intimité avec le public, dans le rire.

 

Il est à espérer qu’enfin le secteur culturel soit reconnu dans des stratégies de stimulation de l’entrepreneuriat et de l’innovation, dont le programme Investissements de l’avenir.

 

Natalia Petrus Da Silva

Juan Rojas Castillo

Master 1 DPACI Année 2017-2018

 

BIBLIOGRAPHIE

 

BENHAMOU, Françoise. L’économie de la culture. Sixième édition. 2008.

CASANOVA, Vincent. Le café-théâtre. Jalons Version Découverte. Médiathèque. Vidéo 12 janvier 1970.

CHANTREL, Flavien. Étude du CREDOC : les français et Internet. Blog du modérateur, 2008 [consulté le 12.03.18]. Disponible sur : https://www.blogdumoderateur.com/etude-du-credoc-les-francais-et-internet/

CHIRITA, Mirce-Gabriel, POISSON-deHARO Serge, CISNEROS-MARTINEZ Luis Felipe et FILION Louis Jacques. Entrepreneuriat et industries du domaine des arts et de la culture. Juillet 2009 ISSN : 0840-853X. Disponible sur http://expertise.hec.ca/chaire_entrepreneuriat/wp-content/uploads/2009-02-entrepreneuriat_iindustries_arts.pdf

DIMAGGIO, Paul. / Cultural entrepreneurship in nineteenth-century Boston : The creation of an organizational base for high culture in America. In: Media, Culture & Society. 1982 ; Vol. 4, No. 1. pp. 33-50

Etude de faisabilité d’un café théâtre : un nouveau concept d’animation urbaine, le stand up. e&a, études et analyses. Disponible sur https://www.etudes-et-analyses.com/marketing/marketing-produit/etude-de-marche/etude-marche-projet-restauration-animation-maroc-331900.html

HEARN, Steven. Rapport à la ministre de la culture et de la communication et au ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique. Sur le développement de l’entrepreneuriat dans le secteur culturel en france. Juin 2014. Disponible surhttp://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/144000364.pdf

Interview avec Lorenzo Benedetti. Europe1 07.11.15 [consulté le 12.03.18]. 1 video 7min28. Disponible sur : http://www.europe1.fr/emissions/linterview-verite-du-week-end/lorenzo-benedetti-pour-les-humoriste-internet-remplace-les-cafes-theatre-2616911

L’entrepreneuriat sauvera-t-il la culture ?. Maxime Hanssen. Novembre 2016. Disponible sur https://acteursdeleconomie.latribune.fr/territoire/2016-11-18/l-entrepreneuriat-sauvera-t-il-la-culture.html

Lʼentrepreneur culturel : un entrepreneur comme les autres ?. Document réalisé pour l’Arcade par les Journées de l’Entrepreneuriat culturel et créatif. Avril 2015. Disponible sur http://www.arcade-paca.com/fileadmin/documents/permanents/ressources/Dossiers%20doc/Zoom_GE/Note_entreprendre_culture_paca_avril_2015.pdf

Le Shalala, le bar qui laisse baba. Le Petit Bulletin. Janvier 2017. Disponible sur http://www.petit-bulletin.fr/lyon/guide-urbain-article-56636-Le+Shalala++le+bar+qui+laisse+baba.html

Lyon: Les théâtres font le plein. FranceInfo. France 3. Décembre 2017. Disponible sur https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/lyon-theatres-font-plein-1392419.html

PAVIS, Patrice. Dictionnaire du Théâtre en 2004. Armand Colin, 2004, 40 et 41 p. ISBN 2-200-263090.

PARADEISE, Catherine. Les comédiens. Profession et marchés du travail. Avec la collaboration de Jacques Charby et François Vour’ch. Janvier 1998.

Quel destin pour les cafés-théâtres lyonnais, cette pépinière d’humoristes ?. FranceInfo. Décembre 2016. Disponible sur https://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/humour/quel-destin-pour-les-cafes-theatres-lyonnais-cette-pepiniere-d-humoristes-250739

[1]Vincent CASANOVA. Le café-théâtre. Jalons Version Découverte. Médiathèque. Vidéo 12 janvier 1970.

[2]Patrice PAVIS. Dictionnaire du Théâtre en 2004. Armand Colin, 2004, 40 et 41 p.

[3]Quel destin pour les cafés-théâtres lyonnais, cette pépinière d’humoristes ?. FranceInfo. Décembre 2016.

[4]L’entrepreneuriat sauvera-t-il la culture ?. Maxime Hanssen. Novembre 2016.

Lumière! Le cinéma inventé

Cette exposition, créée et conçue par l’Institut Lumière, a été présentée pour la première fois au Grand Palais de Paris en 2015, puis a fait un petit détour par Bologne en 2016. À Bologne, elle était présentée dans sa version tronquée, la hauteur sous plafond ne permettant pas de montrer toutes les installations. Aujourd’hui, elle est visible, dans sa version finale, au Musée des Confluences pour trois mois. Les trois principales personnes ayant pris part à son élaboration sont Jacques Gerber, Thierry Frémaut (commissaires d’exposition) et Nathalie Crinière (scénographe). Au fil du parcours élaboré par cette dernière, nous découvrons les frères Lumière du point de vue l’histoire industrielle, familiale et cinématographique. Continuer la lecture de « Lumière! Le cinéma inventé »

Les arts de la rue en état d’urgence

Ces dernières années, les dispositifs de sécurité ont envahi l’espace public, mettant à mal les projets artistiques se développant dans les rues et plus largement dans les lieux non dédiés à la culture. L’invisibilité du débat public sur l’état d’urgence dont on ne voyait jamais la fin et l’apparition de la loi pour renforcer la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme ont attisé notre curiosité, d’où ce dossier. Dans un premier temps il paraît essentiel de faire un point sur le statut d’exception qu’est l’état d’urgence et d’observer son évolution depuis son apparition et notamment depuis 2015. Continuer la lecture de « Les arts de la rue en état d’urgence »

On dit Vi•y•eurbanne!

Il s’agissait de créer un centre dédié à la « mémoire ouvrière, multiethnique et fraternelle des villes du 20e siècle ». Marquée par l’industrialisation massive de son territoire, Villeurbanne a longtemps affirmé avec fierté son identité ouvrière. Alors que les traces de cette histoire s’effacent, il est devenu nécessaire de travailler sur la transmission de la mémoire sociale ouvrière et de l’héritage industriel pour les faire prendre en compte dans le projet urbain.

Continuer la lecture de « On dit Vi•y•eurbanne! »