Les sujets de mémoire des étudiant.e.s de Master 2 – promotion 2018-2019

Le choix des sujets de mémoire sont révélateurs des préoccupations contemporaines qui agitent le secteur culturel et artistique, qui le remettent en question dans son contexte et son actualité politique, sociale, culturelle. Une réflexivité primordiale pour rester au cœur des enjeux qui animent nos métiers et les font avancer.

C’est pourquoi il nous parait important de publier les thématiques choisies par les étudiant.e.s en Master 2 de la promotion 2018-2019, soutenus en septembre 2019. Les étudian.t.e.s peuvent consulter les mémoires dans leur intégralité dans la section « Ressources » du site.

 

 

  • BARREIRA Matthieu – De l’intérêt grandissant de groupes industriels pour le secteur des musiques actuelles français : les phénomènes de concentration en question.
    Risques, opportunités et inquiétudes autour d’une filière qui rencontre de plus larges difficultés, malgré une effervescence historique.

Résumé :

 Depuis la fin des années 2000, le champ des musiques actuelles français se voit investi par de grands groupes privés industriels, sur l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur.
Gestion et exploitation de salles, d’artistes, enregistrement, édition, billetterie, production de festivals, de spectacles, produits dérivés, promotion, communication, médias, soit tout ce qui a trait à l’économie et l’écosystème du spectacle vivant musical, se retrouve dans la ligne de mire d’une poignée d’entreprises internationales détenues par des milliardaires, comme
Lagardère, Vivendi, Live Nation, AEG Live, ou purement française, comme Fimalac ou LNEI. Que ce soit par des rachats, des fusions, des acquisitions, des importations, qui engendrent alors des phénomènes de concentrations à effets multiples. Pour une partie des professionnel.le.s, ils représentent des risques, aussi bien pour la diversité artistique et économique, mais aussi pour la promotion de l’émergence, la bonne santé du secteur, l’intérêt général. Des opportunités pour d’autres, d’investissements, de moyens financiers, de réseaux, d’actions pour défendre et promouvoir cette même diversité.
Des moyens de répondre ou un risque supplémentaire d’envenimer une situation globalement difficile : un marché mondialisé qui concours à la hausse des cachets artistiques, à une concurrence plus forte et plus globale, et un contexte national qui n’arrange rien. Hausse des coûts de sécurité, loi décibel, baisse ou stagnation des subventions… Ces investissements grandissants sont par ailleurs fragiles et énigmatiques, puisqu’ils ne relèvent pas toujours de la rentabilité, impliquant ainsi des logiques politiques, de soft power, de communication, d’esprit dit philanthropique…
Un contexte qui s’analyse au regard d’une demande croissante de la puissance publique pour des évènements culturels emblématiques, attractifs, appuyée par des dynamiques de marketing territorial et de changements de référentiels et de valeurs dans le secteur public, qui connaît, plus largement, une présence accrue d’un certain secteur privé, inspiré des modèles néo-libéraux anglo-saxons.
Partagé.e.s entre ces différentes visions, que disent les profesionnel.le.s, la puissance publique ? Quelles en sont les conséquences, à court et moyen terme ? Que mettent-ils.elles en place pour répondre aux enjeux qui lui sont propres ? Qu’en disent les différentes parties prenantes et quelles sont les stratégies, les motivations de ces grands groupes ?

  • BOLZE-CHERIFI Tanina – Les médiations culturelles à travers les Pôles Nationaux Cirque, Focus sur La Verrerie d’Alès.

Résumé :

La médiation culturelle suscite beaucoup de débats de par ses définitions pluriels. Aujourd’hui le nombre d’actions utilisant le terme “médiation” augmente de façon exponentielle. L’art du cirque contemporain n’échappe pas à cette règle, sa récente légitimation conduit les structures conventionnées (Pôle Nationaux de Cirque) à utiliser ce vocabulaire.
Le terme de médiation culturelle se forme avec l’histoire des politiques culturelles françaises. Ce mot accompagne celui de démocratisation culturelle, une façon de transmettre un savoir, un lien entre l’oeuvre et son public. D’autres termes font écho à celui-ci : “action culturelle”, « animation », « médiation artistique »…
Aujourd’hui ces termes sont associés et se différencient difficilement, ils sont utilisés dans les projets artistiques de manière transversal.
Depuis leur labélisation, les Pôles Nationaux de Cirque ont une Convention Pluriannuelle d’Objectifs qui intègre le mot médiation culturelle, ils sont donc tenus lors de la création de leur projet artistique de travailler et d’inclure cette notion. Les textes de conventionnement (arrêtés et décrets) adressés aux PNC, ont tendance à se préciser au fil du temps, amenant une définition de la médiation plus claire. Cette notion reste encore assez flou se traduit de différentes manières en fonction du Pôle National de Cirque. La Verrerie d’Alès est un des Pôle Nationaux de Cirque, elle propose divers types d’actions culturelles tout au long de l’année, telles que les RencontrO PlatO, Café des Enfants, le festival Color Circus… Un poste de médiateur est depuis peu de temps en phase de développement à La Verrerie d’Alès. Ses évènements et son équipe ont été pensées de façon à inclure les habitants à la vie de la structure, et inversement pour inclure les artistes en création à la vie de la cité.

  • BUSCATO Clothilde – Arts Publics et projets culturels participatifs de territoire : La résonance avec les droits culturels

Résumé :

Ce mémoire a pour ambition de rapprocher la logique et l’organisation des arts publics à la notion des droits culturels qui depuis son inscription dans le cadre législatif français fait débat et souhaitent faire résonner ses valeurs et démarches inter-sectorielles dans l’application des politiques culturelles. Ces deux entités reposent sur des bases communes et se font écho notamment dans leurs souhaits de réaffirmer les dimensions sociales de la culture et sa place dans la vie quotidienne. De plus, tous deux défendent la réappropriation du pouvoir d’agir citoyen par l’accès et la participation à la vie culturelle dans une dynamique de protection et de reconnaissance de la diversité culturelle et des droits de l’homme.
Ce travail a pour vocation d’élaborer une réflexion critique du système des politiques culturelles et plus largement des politiques publiques de la France qui si elle souhaite inclure le système de valeurs et promouvoir les principes des droits culturels, devra procéder à de réelles modifications de son fonctionnement et des paradigmes culturels qui les composent.
Si je suis consciente de l’utopie qui est proposée dans ce travail, il n’en n’est pas moins naïf de penser que la mise en lumière des fondements des droits culturels et son rapprochement avec le secteur des arts publics peuvent être source de réflexion quant à l’application de nouvelles politiques publiques française en cohérence avec les engagements internationaux et nationaux pris par le pays.

  • CHU Xuedi – Le secteur culturel et le secteur tertiaire en Chine

Résumé :

  • COINTET Maud – La fabrique de la programmation artistique. Comment les programmateurs culturels se représentent-ils leur(s) public(s) ? Leur service public ? Leur action culturelle ?

Résumé :

Ce mémoire questionne l’une des fonctions centrales de la fabrique de ce qui « fait art » aujourd’hui dans l’univers des théâtres subventionnés en France: celle de programmateur artistique, au regard de sa mission de service publique et de son action culturelle. Programmer : est-ce un métier, une prédisposition, une mission sociétale? Qui les programmateurs servent-ils lorsqu’ils élaborent leur programmation de saison? Quels sont les critères qui guident leurs choix? Sur quels réseaux de pairs s’appuient-ils? Travaillent-ils en solitaire, se fiant à leurs propres intuition et expertise, ou partagent-ils démocratiquement ce processus de fabrication avec une équipe en interne?
Fonction prestigieuse et souvent couplée avec celle de direction d’un lieu, elle reste l’une des moins évaluée et remise en cause par les études et politiques culturelles. Les chercheurs Pessin et Ribac jettent le pavé dans la marre et lui consacrent pourtant en 2017 un ouvrage qui bouscule le monde clos des programmateurs et déclenche de nombreuses controverses. Clôturer ce Master 2 de Direction de projets artistiques et culturels par un mémoire qui touche de très près la thématique centrale de ce master a été une aventure passionnante et déroutante qui fait écho à mon propre parcours professionnel de programmatrice au service de l’intérêt général. Après 10 années de fabrique d’un projet associatif associant programmation artistique et démocratie culturelle, ce mémoire est l’occasion de faire une pause et d’observer ceux qui dirigent l’offre artistique en France, ceux qui la font et la défont et que je considère être un exemple pour tous les acteurs culturels qui produisent ou diffusent une programmation artistique: les directeurs des lieux subventionnés. Ce monde est-il aussi clos et au-dessus de toute critique qu’on le dit ? Comment ces programmateurs abordent-ils le
tournant participatif et intègrent-ils les aspirations nouvelles de leurs publics?
Comment impliquent-ils leurs équipes dans le processus de fabrication et
transmission de leur programmation? Je vous invite à travers ces 100 pages de recherche et rencontres à plonger avec moi dans cet univers politique, engagé et fascinant de la fabrique de la programmation artistique.
A l’autre bout du travail de programmateur, il y a le public. Le programmateur serait l’expert, celui qui sait. Le public, celui qui reçoit. Quelle image ont ces
programmateurs de leur(s) public(s)? Quelle relation construisent-ils avec lui: une relation de transmission, de dialogue, de partage? Dans un contexte de
développement massif des relations aux publics et projets participatifs, la démarche des directeurs de lieux a t-elle du sens, au regard des droits culturels? Les programmateurs sont-ils prêts à partager la fabrique de la programmation avec leurs équipes, leurs élus, leurs abonnés et pourquoi pas, leurs usagers?
Ce mémoire propose, à travers la rencontre des équipes de deux lieux, le Grand T à Nantes et Bonlieu Scène Nationale à Annecy, d’aborder ces questions très politiques de fabrique de la programmation culturelle en France et du défi de son adresse au(x) public(s) pour lesquels ces lieux ont été créés. Il interroge également la mission de service public et plus largement, la mission sociétale des arts vivants.

  • COSSIN-NIGRA Laura – Les Ateliers de la Danse et la réhabilitation du Musée Guimet

Résumé :

Le mémoire propose une étude du projet intitulé « Les Ateliers de la Danse », qui prendra forme au sein de l’ancien Museum d’Histoire Naturelle de Lyon, le Musée Guimet. Ce futur lieu de création chorégraphique et laboratoire des pratiques amateur est porté par la Maison de la Danse avec pour horizon d’ouverture, fin 2022. Le bâtiment du Musée Guimet accueillera également le Service archéologique de la ville de Lyon. Le sujet explore la dimension historique du développement de l’art chorégraphique dans la région, ainsi que l’évolution des politiques culturelles en faveur de la danse en France. Afin de cerner les enjeux architecturaux et patrimoniaux, nous proposons une étude des différentes fonctions et formes du bâtiment à travers les siècles. La définition du futur projet architectural, son historique et des acteurs en présence fera également partie de notre travail. Nous souhaitons ensuite ouvrir la réflexion sur les problématiques contemporaines de l’art chorégraphique, à savoir la place des pratiques amateur et la nécessité de créer des espaces pour accueillir la danse. Le mémoire aura pour ambition de replacer les thématiques dans un contexte local et sera appuyé par de nombreux entretiens réalisés entre Mars et Juillet 2019.

  • DESSAIX Fanny – Les enjeux promotionnels réciproques entre un festival
    de cinéma et le territoire qu’il occupe.
    Le cas des Arcs Film Festival

Résumé :

Nous pouvons remarquer depuis plusieurs décennies une nette
augmentation du nombre de festivals en France et cela suscite divers enjeux et questionnements. Plusieurs auteurs ont travaillé sur l’origine et les conséquences de ce phénomène, appelé « festivalisation ». Cette multitude de festivals représente des champs artistiques, des programmations, des acteurs et des expériences diverses. Tous recherchent l’essor, la pérennité et la notoriété. Parfois organisés durant une même période, le phénomène interroge une potentielle dimension concurrentielle entre les festivals. Alors comment les festivals se différencient les uns des autres et comment réussissent-ils, ou non, à atteindre leurs objectifs ? La singularité d’un événement peut apparaître comme un moyen de différenciation pour sortir de cet ensemble. Le territoire d’un festival peut être un élément de singularité. Ce mémoire de recherche se penche sur la relation entre un festival et le territoire dans lequel il a lieu. En croisant les regards, les méthodes et les exemples, nous chercherons à comprendre dans quelles mesures un festival participe au développement et à l’attractivité d’un territoire et, réciproquement, quelle place occupe le territoire dans la réussite d’un festival. Quels sont donc les enjeux promotionnels réciproques entre un festival et le territoire qu’il occupe ?  Afin de répondre au mieux à ces problématiques, nous développerons ce travail de recherche à partir d’une étude de cas sur les enjeux réciproques entre Les Arcs Film Festival, festival de cinéma indépendant européen, et la station de ski Les Arcs / Bourg-Saint-Maurice où il se tient chaque année depuis 2009.

  • FERRERO Laura – Occupying spaces for culture in Belgrade, Serbia : between public and private interests

Résumé :

La position stratégique, entre Est et Ouest, de Belgrade a constitué son vaste paysage culturel. Cependant, ce lieu de rencontre a aussi été marqué par des temps véhéments et incertains. Après la guerre d’ex-Yougoslavie, de nombreuses infrastructures restèrent abandonnées. Quelques organisations artistiques décidèrent d’occuper ces espaces. Aujourd’hui, la plupart d’entre elles développent un discours centré sur la notion d’ « intérêt public ». Cette recherche analyse les discours de ces centres culturels à travers trois études de cas : Kvaka 22, Magacin et Novi Bioskop Zvezda. Grace à un cadre théorique interdisciplinaire comprenant quatre principaux champs d’investigation (la sociologie de la culture, les politiques et le management culturels, l’économie créative et la théorie critic sous un angle philosophique et esthétique), des interviews qualitatives de membre de ces espaces culturels, et des observations participatives, cette recherche vise à expliquer et analyser le rôle et l’importance de création d’espace culturel dédié à la promotion des communs et de l’intérêt public. Si la plupart de ces centres culturels sont dans des situations instables pour des questions de légalité, ils restent cruciaux pour garantir l’accès du plus grand nombre à la culture. L’expérimentation et l’amélioration des idéaux démocratiques sont nécessaire, et ces espaces permettent à la société civile d’exercer librement son pouvoir de décision et d’action.

  • HERNADEZ Pamola – La médiation culturelle numérique : une expérience partagée avec les publics et les concepteurs.

Résumé :

Grâce à l’avènement du numérique, les concepteurs ont développé de nouveaux outils leur permettant d’attirer et de sensibiliser un public plus vaste venant de différents horizons, également se rapprocher d’un non public, très ancré dans cette ère numérique.
Ce travail de recherche propose d’analyser l’impact de la culture numérique sur les visiteurs et sur les médiateurs-concepteurs, comment leurs usages quotidiens du numérique impactent la création des dispositifs de médiation au sein des musées et comment ces dispositifs permettent de toucher et d’élargir leur public. Ce travail s’intéresse également à la manière avec laquelle les professionnels de la médiation (concepteurs, médiateurs) utilisent le numérique pour créer un lien avec le public et développent des nouvelles expériences de visites.

 

  • KASPAROVA Tereza – Robots sur scène : Robot-marionnette, un nouvel objet sur scène?

Résumé : 

Nous vivons dans une société où les machines sont omniprésentes, où le numérique est incontournable et la scène a toujours été un espace d’expérimentation et de questionnement. Le « Deus ex Machina » dans l’Antiquité et les automates, qui connurent une période de grande floraison au XVIII e siècle, témoignent de cet appétit des artistes pour la technologie accessible à leur époque et de leur envie d’en dépasser les limites.
L’évolution est visible dans toutes les disciplines artistique et leurs techniques, y compris les arts de la marionnette. La marionnette, poupée, figurine articulée, est un dispositif employé dans toutes les sociétés, sous diverses formes et avec de multiples utilisations. Le théâtre de
marionnette actuel est devenu un espace d’expérimentation de formes nouvelles où les termes comme « manipulation » et « objet » sont à réinterpréter. Nous retrouvons aujourd’hui sur scène une
étendue infinie de sources de création : matériaux naturels, objets de la vie quotidienne mais aussi composants électroniques, robotiques et numériques. Ces éléments, avec l’évolution des techniques de manipulation, témoignent d’un changement d’environnement dans la création ainsi que d’une grande liberté des artistes dans leurs expressions.
La possibilité de mettre de nouvelles technologies sur scène et de les confronter à des questionnements sur la société d’aujourd’hui est une occasion pour les artistes mais aussi pour le public de découvrir les machines sous un jour nouveau, dans un autre contexte. Les
artistes sont confrontés à plusieurs problématiques lors de la création, de la production et de la diffusion de l’oeuvre. Les réflexions initiales, les problèmes techniques mais aussi la nécessité de trouver une bonne stratégie de diffusion, sont des phases importantes dans le
montage d’un projet numérique innovant. Le milieu artistique se développe et commence à accepter les projets autour des nouvelles technologies y compris au niveau institutionnel.
Malgré cela, il reste à donner un nom à cet objet technologique sur scène et à le mettre dans une catégorie précise des domaines artistiques existants. Faute de mieux pour l’instant, les artistes choisissent d’appeler cet objet « marionnette ». L’utilisation de ce terme n’est d’ailleurs pas injustifiée. Le robot et la marionnette ont de nombreux traits communs. Marionnette électronique, marionnette augmentée ou robot-marionnette sont donc les termes qui désignent aujourd’hui un même « objet technologique » manipulé sur scène.
 
 
 
  • PERRICHON Cécile – Penser la danse comme art de résistance. Le rôle et les mécanismes de la programmation des festivals internationaux dans la circulation des artistes et des oeuvres.
    Cas d’étude de la danse contemporaine au Maghreb.

Résumé : 

La danse peut-elle être résistante ? Qu’est ce que cela signifie vraiment ? À partir de ces réflexions, nous étudierons la programmation artistique de festivals internationaux qui figurent parmi les grands évènements chorégraphiques, afin de comprendre les mécanismes de diffusion d’une compagnie de danse.
 
 
  • NIKITIN Sonia – L’imbrication du social, politique et artistique dans des démarches artistiques partagées.
    Des conceptions et modèles de participation artistique démocratique contrastés à Lyon et Vancouver.

R
ésumé : 
 
Durant les 40 dernières années, l’art participatif s’est fortement développé en France et dans de nombreux autres pays. La participation des citoyens aux œuvres d’artistes est de plus en plus reconnue pour sa valeur sociale. Mais qu’en est-il de formes de collaboration artistique, de partage d’une création plus horizontales entre professionnels et non professionnels de l’art ? Ce travail propose une analyse de ce type de projet, des démarches artistiques partagées, à Lyon, France et Vancouver, Canada. Il s’agit de contraster des projets de création partagée à Lyon et de community-engaged arts à Vancouver, notions qui sont expliquées dans ce mémoire, afin de rendre compte des différentes conceptions de participation, collaboration et démocratie culturelle sur les deux territoires. Ces conceptions sont ensuite décomposées en démontrant les fonctionnements et processus réels qui en découlent. Les aspects sociaux, politiques et artistiques qui s’entremêlent dans ce type de démarche sont mis en évidence afin de démontrer lesquels agissent, et comment, sur les fonctionnements des projets et conceptions des acteurs. La notion de
démocratie culturelle et la réalité démocratique des processus sont particulièrement mis en exergue afin de répondre à la question suivante : dans quelle mesure les démarches artistiques partagées proposent-elles un nouveau modèle de participation artistique démocratique ?
La recherche repose sur une étude de plusieurs cas nourrie par des entretiens avec des acteurs divers (artistes, fonctionnaires, porteurs de projets) et une analyse de corpus. Les témoignages et documents analysés montrent que les acteurs des deux territoires basent leur pratique sur une conception plus démocratique de participation avec la volonté de développer des relations horizontales entre les personnes. Cependant, des dynamiques, essentiellement politiques, qui contraignent la mise en œuvre de cette conception peuvent être identifiées, à différents niveaux
sur les deux terrains d’enquête. La complexité de l’interaction entre les aspects sociaux, politiques et artistiques se montre donc clairement dans cette recherche.
 
 
  • OMAR Dounia – Syrian artists in exile

    Through dissent and displacement: shifts and interferences between identities

Résumé : 

This research, realized as the final thesis of the Master Développement de Projets Artistiques et Culturels Internationaux of the University Lumière Lyon 2, takes an interest in the question of the Syrian artist in exile’s identity. Indeed, since the Syrian revolution in 2011, many Syrian were forced into exodus, and among them a lot of artist, who had been also threatened by the Syrian government of imprisonment nay death, in response to their dissentient art practice. Therefore, a lot of those artists became refugees in other countries such as France in order to pursue this artistic practice. This analysis will articulate itself around the two following research questions:
How is the identity of a Syrian artist in exile built in between the legal frame and operating discourses linked to his/her refugee status and his/her vocation as a politically committed art creator?
When experiencing dissent and displacement, what other influences are joining in the definition of a Syrian artist’s identity in exile?
After a thorough theoretical framing of the notions of displacement and dissent, as well as their contextualization regarding Syria, we will analyze how the identities of artist and refugee are shifting and interfering with each other when it comes to a Syrian artist in exile’s self-definition as well as external perceptions. We will then widen our focus and examine all the other variables coming into place regarding their identity, through the prism of the particular temporality and spatiality of exile.
This research is not to be taken as a representative analysis of the processes of identity formation for all Syrian artists in exile. It is only a personal academic positioning on this problem, aiming to raise questionings and trace some trails in order to better comprehend better the influences of dissent and displacement on the Syrian artist subject.

 

  • PERRON Emilie – Les relations entre arts, technologies, numériques et vivant : Une perception plus grande de notre humanité, d’une post-humanité ? 

Résumé : 

Dans un contexte d’économie du savoir ou capitalisme cognitif, de risques naturels et d’extinction de certaines espèces liés au réchauffement climatique, de quatrième révolution industrielle où les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) confrontent la société à des innovations toujours plus rapides et des bouleversements complexes et interdépendants ; les artistes s’emparent de ces enjeux et des technologies numériques pour créer de nouveaux langages esthétiques, détourner leur utilité et questionner leur impact sur la société d’un point de vue philosophique, éthique et poétique. Ils en concluent souvent à travers leurs créations que la technologie numérique peut être à l’origine de l’ouverture des portes d’une perception plus grande du vivant en proposant une traduction de sa complexité. L’usage de la technologie numérique ne participe pas forcément à l’éloignement de notre humanité, du vivant, du corps, au contraire, elle peut augmenter la relation au vivant. Plusieurs disciplines artistiques en font la preuve, dans le milieu du spectacle vivant et dans l’art contemporain ; les metteurs en scènes, les chorégraphes, les vidéastes, les artistes plasticiens, les artistes « numériques » travaillent avec les technologies numériques comme matière de création. Ils créent des expériences artistiques rapprochant l’humain à la technique, l’humain à la technologie en offrant un supplément de sens, voir même en allant jusqu’à proposer une interprétation d’une nouvelle époque post-humaine.
 
 
  • RODAMEL Lola –  « L’État s’engage pour les tiers-lieux dans les territoires » Soutien ou appropriation étatique ?
Résumé : 
 
Le présent travail porte sur les tiers-lieux, espaces hybrides aux multiples facettes, dont beaucoup parlent sans vraiment savoir les définir. Nous allons chercher à comprendre davantage de quoi il s’agit en établissant un état de l’art des tiers-lieux aujourd’hui, tout en nous intéressant aux évolutions plus anciennes dans lesquelles ils s’insèrent. Le cœur de cette recherche se situe cependant à un moment bien singulier dans la vie de ces espaces. En effet, le 17 juin dernier, l’État lançait officiellement son nouveau Programme National Interministériel intitulé « Nouveaux lieux, nouveaux liens » par la publication d’un dossier de presse précisant : « L’État s’engage pour les tiers-lieux dans les territoires ». Au vu des caractéristiques mises en avant par ces espaces singuliers — lien social, Droits Culturels, Économie Sociale et Solidaire, collaboration, coworking, mutualisation d’espaces, de ressources, nouvelles manières de programmer une offre culturelle… — que vient alors raconter cet engouement étatique ? Quelle(s)forme(s) prend-il et quelle est la définition choisie pour les « tiers-lieux » afin d’argumenter un investissement national ? Enfin, car c’est bien là que je me situe, quelle est la place donnée par l’État au domaine artistique et culturel en lien avec ce nouveau programme national ?
C’est donc bien ce « moment particulier » de définition de nouveaux référentiels que nous allons tenter d’étudier.
 
 
  • ROJAS-CASTILLON Juan – Le dispositif “orchestre de jeunes” comme laboratoire d’expérimentation et levier d’évolution du métier de musicien d’orchestre.

Résumé : 

Aujourd’hui les professionnels du secteur de la musique classique, et notamment de la pratique orchestrale, peuvent constater que les défis à relever pour l ’avenir sont tout aussi importants que stimulants. Toute personne qui croit en la vivacité et aux vertus de la pratique orchestrale, sera convaincue par le fait qu’il est aujourd’hui crucial de repenser et de réinventer le profil du musicien d’orchestre, figure « figée » par des décennies, voire des siècles de traditions et de stéréotypes culturels et sociaux. Le présent mémoire poursuit comme objectif de décoder le dispositif “orchestre de jeunes” à travers une approche contemporaine, et de l’étudier sous le postulat qu’il est, et peut le devenir davantage, un laboratoire expérimental de l’évolution souhaitable, voire nécessaire du métier de musicien d’orchestre. Convaincu que ce dispositif est une réponse possible aux enjeux de la musique classique, tels que le renouvellement des publics, l’égalité femmes-hommes, et les modèles de gouvernance plus participatifs, il est intéressant d’en comprendre les raisons sur la base d’une analyse actuelle, afin de mieux cerner les opportunités à saisir. Le choix a donc été fait d’appuyer la réflexion sur une analyse pragmatique et critique des pratiques de différents pays concernant notamment le développement de ces orchestres, et l’évolution de leurs missions. Cette réflexion veut également s’inscrire dans le prolongement d’auteurs qui avaient posé la problématique de longue date. Ce mémoire combinera donc textes de référence, enseignements de l’expérience terrain et de l’observation, et témoignages de nombreux professionnels pour une compréhension globale des enjeux à une échelle locale, européenne et mondiale.
 
 
  • ROLS-LASHINA Valentina – Performance : l’art de l’engagement.
    Artistes–femmes–performeuses : langage polyphonique des corps multiples.

Résumé :

Nommée en tant que telle dans les années 60, puis institutionnalisée, protéiforme, la performance de nos jours est diffusée dans tous les arts et au-delà des arts. Quasi dissoute par rapport à sa définition historique, elle prend conscience d’elle même et se présente aujourd’hui comme un principe général d’activation (comme le nomme David Zerbib). Elle préserve néanmoins une essence, un critère primordial qui est l’engagement. Si le milieu militant s’empare de l’art performance pour ses combats, certains artistes s’engagent personnellement et/ou physiquement dans des actions plus intimistes. Les frontières entre les deux formes d’expression sont poreuses, les deux camps sont étroitement liés en tant que levier de l’émancipation. Quels sont donc les engagements des artistes aujourd’hui ? Et plus précisément, ceux des artistes-femmes ? ! Il est incontournable ainsi de parler de féminisme, qui dans le contexte de la crise écologique s’attache naturellement à l’écoféminisme, mais cet attachement est non-systémique
puisque chaque implication artistique est influencée par les va-et-vient entre le vécu collectif et personnel de chacune. Il en ressort des formes d’expressions autant viscérales que minutieusement réfléchies, virulentes ou sous-entendues, genrées ou objectivées, qui s’ouvrent à des sujets variés et naviguent entre des valeurs universelles et personnelles.
En observant l’évolution de la performance au fil du temps et dans sa grande diversité on déplace le regard dans d’autres contextes géopolitiques. En Russie, où on a vu apparaître les toutes premières actions minimalistes, on voit émerger de nombreuses « chevalières » sur la scène de l’art-performance vers les années 2000, ces dernières se détachant des collectifs d’action historiques.
Elles conquièrent la scène locale mais aussi internationale, où les rapports sont équivoques. Les exemples de pratiques artistiques des artistes-femmes russes des quinze dernières années montrent une évolution vers une communication horizontale : les artistes s’adressent aux peuples et non plus aux politiques, d’abord sous forme de body art, et puis, de plus en plus, sous des formes éducatives et médiatiques. En Afrique, des artistes-femmes, héritières d’un passé colonial, n’envisagent pas uniquement dans leurs pratiques artistiques l’inégalité des genres et des races, mais elles renoncent aux discours antiracistes « blanc » qui ne comportent pas de réel compréhension. Elles s’y réfèrent même avec violence. En étudiant le contexte historique et plus actuel au Cap et au Cameroun, on suit ces artistes qui émergent en rafale d’institutions et d’événements mondialement réputés. Mais comme dans le cas des artistes russe on peut appréhender les revers de leurs succès. De nombreux exemples et témoignages illustrent ces contextes changeants.
Mais en fin, qu’est ce qu’un art politique ? Un art engagé ? Et qu’est-ce qu’un art tout court en ces temps nouveaux de mutation… ? Des sociologues, des philosophes et des critiques d’art s’affrontent sur ces sujets dans de nombreux ouvrages, parmi lesquelles une sélection m’a servi d’appui théorique et de source de réflexion. Cette dernière a aussi été alimentée par les entretiens que j’ai eu avec de nombreux artistes et experts.
Globalement, on s’engage ici dans un dialogue toujours ouvert et toujours sensible … sur le monde, l’humanité et le vivant, où on ose la multitude des regards et l’universalité des valeurs. Ce travail représente ainsi une sorte d’anthologie de la performance féminine : des morceaux choisis
ont été observés, analysés, appréciés.
 
 
  • SALLEZ Mathilde – L’action culturelle européenne, plus politique que culturelle. Enquête sur les programmes Europe Creative.
 
Résumé :
 
Le présent travail vise à étudier la manière dont l’Union européenne conçoit la culture au travers de son programme dédié à l’action culturelle, appelé Europe créative. Autant critiqué qu’estimé, ses appels à projet sont prisés au sein du secteur culturel et artistique européen, et la concurrence est rude. Ce qui nous intéresse ici est de comprendre ce que l’Union européenne ambitionne à travers ce programme, au moment où l’Europe traverse une grave crise identitaire, illustrée notamment par la montée des nationalismes et la sortie prochaine du Royaume-Uni. Les valeurs de l’UE, caractérisées par la devise « unie dans la diversité » sont mises à mal.
Dans ce contexte, nous nous demandons quel usage l’Union européenne va faire de la culture à l’échelle communautaire, tant au niveau politique, économique que social. Nous allons tenter d’identifier les outils que l’institution met en place pour atteindre ses objectifs, et ce qu’ils signifient de la vision stratégique et symbolique de l’UE vis-à-vis du secteur culturel.
 
  • SANNA Jessica – La participation du public : Regards croisés des auteurs, participants et des projets culturels et artistiques participatifs

Résumé : 

Les spectacles immersifs, les projets participatifs, les pratiques amateures ont en commun le fait d’inviter des personnes dont ce n’est pas le métier à s’impliquer personnellement dans un acte créatif, sensible, artistique.
Cette étude propose d’analyser les différents stades de participation du public et d’en donner des exemples (non-exhaustifs). L’étude a aussi pour but de recenser les enjeux, objectifs et questionnements actuels autours de la notion de participation dans le contexte artistique et culturel, en donnant la parole aux porteurs de projets (artistes, coordinateurs, médiateurs), et en la faisant résonner avec celle des participants et celle des observateurs (auteurs, chercheurs).
 
 
  • WEIL Lisa – Dissonances cognitives et leviers d’actions autour des enjeux humains dans le secteur culturel. 
    Aborder la gestion d’équipe dans le secteur culturel français.

Résumé : 

La gestion d’équipe dans le secteur culturel s’inscrit dans un contexte particulier : les travailleurs culturels, mués par leurs valeurs et motivés par une reconnaissance parfois plus symbolique que financière, gardent sous silence le mal – être parfois éprouvé dans le cadre de leur travail.
Les enjeux humains y sont le lieu d’un impensé qui se justifie surtout
par le déni de la non – spécificité du secteur culturel comme secteur professionnel – déni étant le lieu d’une dissonance cognitive, concept de psychologie sociale que nous utilisons au fil de cette recherche.
En réponse à cet impensé, de nombreuses solutions existent et sont à la disposition des directeurs de structures culturelles, permettant la mise en place d’un cadre bienveillant et adapté d’organisation du travail.
 
 
  • YANG Zhuizhuo – L’art brut : déconstruire les normes. De l’origine à son développement en Chine.

Résumé : 

 

Design, médiation et Sciences – Workshop avec les écoles d’arts de Bordeaux, de Lyon et de la HEAR, en février 2019

Programme du workshop 
Station scénographique 
Météorologie / Nuages
28 janvier – 1er février 2019
 

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Présentation
La Station scénographique est un atelier sur la scénographie d’exposition à destination des étudiants de Master en design, art et sciences humaines. Il réunit des étudiant.e.s et enseignant.e.s du Master Design de l’École supérieure des beaux-arts de Bordeaux – EBABX,  du Master Design Espace Exposition de École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon – ENSBAL,  du Master Développement de Projets Artistiques et Culturels Internationaux de l’Université Lumière Lyon 2 et du Master de Didactique Visuelle de la Haute École des Arts du Rhin – HEAR. Cet atelier pour vise à imaginer et expérimenter des dispositifs d’exposition et de médiation (spatiaux, graphiques, numériques), à l’échelle 1,  au sein de musées et lieux d’exposition La Station scénographique questionne le rôle du design dans la médiation des savoirs et des objets, c’est-à-dire, sa capacité à générer des situations propices à la découverte et à la connaissance.
 
Sujet et attendus

Cette année, la Station scénographique a pour thématique la météorologie, science d’observation des phénomènes atmosphériques. Le workshop s’est attaché aux nuages, objets qui intéressent l’art comme la science.

L’étude des nuages permet d’interroger :
— La représentation de formes fugaces, en mouvement, en suspension, vouées à disparaître (Photographie ? Vidéo ? Dessins ? Volume ?)
Comment se saisir d’un objet éphémère, comment l’archiver ?
— L’observation : a quel endroit se situer pour observer les nuages ? (Au sol ? Dans les airs ? Dans l’espace ? Quels outils et dispositifs d’observation ?)
— La transmission d’une science d’observation et de prédiction, entre science objective, métaphysique et mélancolie. Quelle est la place du designer et du médiateur dans la transmission d’un savoir ?

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Les étudiants en design et en médiation de l’EBABX, l’ENSBAL, l’Université Lumière Lyon 2 et la HEAR Strasbourg ont imaginé des objets de médiation de l’étude des nuages. Ces objets,  didactiques ou évocateurs, sont physiques,  numériques ou virtuels (volume, graphisme, installation, dispositif projeté, dispositif sonore).
La confrontation aux collections permanentes et aux expositions temporaires du MADD a été très inspirante pour les étudiant.e.s,  par les formes,  couleurs,  signes visuels et matériaux.
L’exposition « Phénomènes » était visible au moment du workshop. Ce  » projet expérimental et interactif des designers Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage explore les lois de la physique, du numérique et de l’électronique et propose au public d’expérimenter ces divers phénomènes scientifiques par le biais d’une série de dispositifs intuitifs, divertissants et accessibles à tous « .

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Thierry Michel, enseignant à l’Ecole Nationale de Météorologie / Département Instruments, mesure et observation (Toulouse) a été notre référent scientifique. Il a donné une conférence d’introduction sur l’étude des nuages lundi 28 janvier matin puis a échangé avec les étudiant.e.s .

LES ÉTUDIANT.E.S DU MASTER 2 MONTENT UN PROJET DE COOPÉRATION CULTURELLE FRANCE – MAROC

Tanger est une ville singulière, traversée par de nombreuses influences. Deuxième ville économique du Maroc après Casablanca, elle compte une densité de population de plus d’1 million d’habitant.e.s, qui s’accroît de plus en plus ; l’urbanisation grandissante a changé le visage de la ville et l’équilibre entre les différents quartiers. Carrefour entre l’Europe et l’Afrique, Tanger connaît une métamorphose fulgurante, avec notamment la construction du port EuroMed, projet d’envergure visant à attirer de nouveaux investisseurs internationaux, augmenter l’attractivité touristique et économique et l’industrialisation de la région.

Quel impact ces mutations ont-elles sur le secteur culturel et artistique de Tanger ?

L’idée de ce voyage est née de l’envie de découvrir un pays/une région/une ville, par le regard d’acteurs et actrices culturel.le.s. Dans un contexte économique, politique, social, urbain particulier, il nous tenait à cœur de comprendre leurs enjeux et les problématiques qui les traversent. Nous avons donc pensé ce séjour en lien étroit avec des structures culturelles tangéroises, avec pour objectifs :

  • d’encourager et accompagner la coopération internationale auprès de futurs opérateur.trice.s culturel.le.s
  • de participer de façon active à un programme interculturel entre la France et le Maroc
  • de comprendre les enjeux culturels d’un territoire en développement urbain fulgurant
  • de développer et mettre en perspective le contenu pédagogique du Master 2

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Après 3 mois de préparation, nous sommes parti.e.s du 1er au 6 février 2019 à Tanger ! Sur place, nous avons rencontré des acteurs et actrices culturel.le.s, visité des lieux et réalisé deux workshops. Le premier avec Think Tanger et le second avec Tabadoul, pour comprendre et échanger autour de leurs problématiques (structuration, développement de projets, recherche de financements etc.)

Un aperçu du programme

Vendredi 1 février :

Open-mic à Tabadoul

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Samedi 2 février :

Visite du Musée de la Kasbah, guidée par Saousan Yahia, conservatrice adjointe

Lundi 4 février

Matin : rencontre et visite de Tabadoul avec Silvia Coarelli, Directrice

Après-midi : workshop

Par groupe, nous avons participé à des case studies mis en place en lien avec les deux structures, c’est-à-dire un temps de réflexion collective sur des problématiques liées à leur activité, pour échanger et réfléchir ensemble à des pistes d’évolution.

1/ Think Tanger – thématiques : business model, RSE

2/ Tabadoul – thématiques : stratégie de communication, structuration, implication du public

visite des Ateliers Kissaria/Think Tanger avec Amina Mourid, Cheffe de projets

Mardi 5 février

Matin : Visite de la Cinémathèque de Tanger et rencontre avec Mohamed Lansari, Directeur  artistique

Après-midi : Rencontre avec Jérôme Migayroux, Directeur de l’Institut français de Tanger

Visite de la Galerie Delacroix

Ce voyage a eu un impact fort auprès de chacun.e ; il a permis de mettre en perspective des thématiques abordées en cours, avec les problématiques liées au terrain, tout en développant l’aspect international de notre formation de manière concrète. Propice aux rencontres et aux échanges, il a notamment permis de changer de point de vue et découvrir d’autres logiques d’actions.

Mille mercis à Amina Mourid et l’ensemble de Think Tanger, Silvia Coarelli et la folle équipe de Tabadoul, Jérôme Migayroux pour son accueil à l’Institut Français, Mohamed Lansari et la Cinémathèque de Tanger, Saousan Yahia et l’équipe du Musée de la Kasbah.

Un grand merci à toutes les personnes ayant œuvré de près ou de loin à la réalisation de ce séjour.

Retrouvez nos structures partenaires sur :

Cinémathèque de Tanger – www.cinemathequedetanger.com

Think Tanger – www.think-tanger.com // facebook : Think Tanger

Tabadoul – www.tabadoul.org

Institut français de Tanger – www.if-maroc.org/tanger

Musée de la Kasbah de Tanger – www.fnm.ma/musee-de-la-kasbah-de-tanger

Projets de la promo 2018/2019

 
KATAPÜLTE
Jeudi 14 mars à partir de 18h30
The Mini Bar, 34 rue Montesquieu, 69007, Lyon
 

KATAPÜLTE est un projet qui réunit un groupe de dessinateurs et dessinatrice de BD le temps de trois workshops afin de préparer un strip de quelques cases. Ils le réaliseront ensemble en live et sur grand format le 14 mars au Mini Bar. Le défi réside dans le fait de concevoir et réaliser collectivement chacune des cases de ce strip.
Le public sera également convié à partager sa créativité sur une fresque participative et peut-être influer sur le scénario final de l’histoire dessinée devant leurs yeux…


Entrée libre

 
 
 
L’OMBRE DE LA MARIONNETTE – collectif Bout de ficelle et Touche de bois
Rencontre et expérimentations
Samedi 16 mars 14h à 16h30
MJC Presqu’île Confluences 28 Quai Rambaud 69002 Lyon
 
Le projet du collectif Bout de ficelle et Touche de bois est d’une part de participer à la visibilité de la diversité des arts de la marionnette et d’autre part d’organiser un temps d’échange entre marionnettistes et public, pour favoriser la compréhension vis à vis de ces esthétiques et stimuler l’intérêt pour les formes de création contemporaines.
 
Nous avons donc la joie de vous convier à l’évènement L’Ombre de la marionnette, le Samedi 16 Mars de 14h à 16h30 à la MJC Presqu’ile-Confluences. Cette rencontre  permettra d’échanger avec des marionnettistes sur leurs créations, leur vision esthétique, leur relation aux marionnettes. Un temps plus informel de rencontre physique, démonstration et manipulation des marionnettes sera proposé aux spectateurs présents, pour comprendre les techniques de construction de l’objet et les mécaniques de mouvement.
 
 
 
WE ARE FAKE NEWS – collectif Fra Cas
Projection Débat
Mercredi 13 mars 19h30
Sofffa 27 rue Cavenne 69007 Lyon

 

« Pas un jour ne se passe sans entendre parler de rumeurs, fake news, post vérité, fact checking ou encore de guerre de l’information. Outil de propagande, de désinformation, de thèse conspirationniste ou phénomène naturel et ancestral, la rumeur est devenue un véritable enjeu politique démultiplié par le numérique. Elle fait (re)surgir les peurs et les mal-êtres de nos sociétés, traduisant d’une relative perte de croyance envers les instances de pouvoir dominantes (médiatiques, politiques, etc.). 
La décortiquer, la déconstruire ou s’y engouffrer, c’est en jouant avec la rumeur que le collectif FRA CAS veut mettre en discussion les nouveaux rapports au monde.
En partenariat avec Sofffa, Fra Cas vous propose une soirée projection-débat le mercredi 13 mars à 19h30 à Sofffa Guillotière. »


BORDER ART : AU-DELA DES FRONTIERES
EXPOSITION PHOTO – FRESQUE PARTICIPATIVE – TÉMOIGNAGES VIDÉO
JEUDI 14 MARS DE 14H30 A 20H
Au Centre Social René Cassin – 30 rue de Marseille 69330 Meyzieu

Cette année, nous fêtons les 30 ans de la chute du mur de Berlin : 1989-2019. Pourtant, les hommes n’ont jamais construit autant de murs-frontières : plus de 40.000 km, de quoi faire le tour de la terre. L’exposition Border Art : “Au-delà des frontières” est née de la rencontre de 5 étudiants du Master 2 DPACI de l’Université Lyon 2 avec les Centres sociaux de Meyzieu, co-organisateurs du projet. Nous souhaitons sensibiliser le public à cette question des frontières visibles et invisibles qui nous séparent et à la façon dont l’art peut nous aider à les dépasser.

INFOS PRATIQUES : https://www.facebook.com/projetborderart/

 

S’ENTENDRE PLACE DUREL – Matinée Sonore
Installation Sonore – Cinéma à l’oreille – Écoutes Collectives
Samedi 16 mars de 9h à 14h
Place Durel, Saint Fons, 69190
L’Atelier Expri’Mental, un collectif multiculturel d’étudiants de M2 en Développement de Projets Artistiques et Culturels Internationaux de l’Université Lumière Lyon 2 vous propose une rencontre sonore, immersive et artistique. 
Ce projet s’inscrit dans une mission plus large d’expérimentation dans le réaménagement urbain de la Place Durel au centre de Saint-Fons sur deux ans, menée par Kaléido’Scop et le Collectif Pourquoi pas!? Ces deux partenaires nous permettent d’inscrire notre action dans le long terme et d’expérimenter un dispositif d’implication citoyenne en lien avec le paysage sonore de la place. 
Plus d’infos: 

Projets de la promo 2017/2018

Les projets de la promo 2017/2018

Mémo’ART/ Exposition photo & Performance théâtrale

Depuis le mois de février, Mémo’ART organise des ateliers de photographie et d’expression théâtrale entre les réfugiés et les habitants du Grand Lyon. Ces rencontres ont nourri des expériences fortes qui donnent à voir des témoignages de vie et d’histoires imaginaires.

L’événement final de ces ateliers se réalisera au Rize le jeudi 15 mars à 18h.

Venez, vous aussi, partager des histoires lors de cet événement participatif et convivial !

Entrée gratuite.

******** AU PROGRAMME ********

18h – 20h :

>> Une exposition de photographies argentiques
Réalisées lors d’un parcours dans la ville de Lyon et de moments intimes des participants.

>> Des performances théâtrales
Sur la notion du souvenir que véhiculent les objets.

19h30 – 21h :

>> Un repas syrien préparé par notre incroyable Chef cuisinier de Cuisine Sam.

L’événement sera la restitution des ateliers, en présence des créateurs du projet qui sont les artistes Jonathan David (comédien), Maxime Caron Photography (photographe), Hélène Giudici et Amicie_P (plasticiennes) et les participants !

Les ateliers de Mémo’ART ont été conçus en partenariat avec le Groupe Singa Lyon, le Centre Social Bonnefoi et le Le Rize.

— ARRÊT NATURE — SAMEDI 10 MARS > de 13h à 18h

Né d’une réflexion sur notre relation aux autres dans nos rues et nos quartiers, ARrêT Nature est une invitation au dialogue et à la découverte sur la place Bir Hakeim dans le 3ème arrondissement de Lyon.

Le temps d’une après-midi, cet événement propose de réunir tous les habitant.e.s du quartier et les curieux.ses qui le souhaitent, autour d’ateliers et d’interventions présentés par des acteur.rice.s du tissu associatif, citoyen et artistique local.
Au programme ? Développement durable, art, créativité et débat citoyen, pour questionner les usages de l’espace public et nos rapport à la place, pour faire cohabiter les générations, pour imaginer un lieu de vie et de rencontres.

ARrêT Nature, c’est l’occasion de bénéficier de conseils pratiques pour cultiver son potager urbain, d’échanger des idées pour mieux vivre sa ville et son quartier, d’assister à un spectacle poétique en famille ou encore de connaître les initiatives citoyennes naissantes sur la place Bir Hakeim.
ARrêT Nature est une façon de réinventer, ensemble, la vie de quartier !Samedi 10 mars – Place Bir Hakeim, Lyon3 – 13h-18h
Ouvert à tous – Activités gratuites – Petite restauration sur place

— BAND DE FILLES — MERCREDI 14 MARS > de 18h30 à 20h30 & LUNDI 19 MARS > de 14h à 17h

Mercredi 14 mars de 18h30 à 20h30 – bibliothèque de la Part-Dieu – Entrée libre
Projection-rencontre autour de la place de l’artiste féminine dans les musiques actuelles

Cinq filles, cinq visions, cinq personnalités affirmées. Cléa Vincent, La Féline, Le Prince Miiaou, Marie Flore et Robi sont autant de talents qui gravitent dans l’ombre des plus médiatisés, aiguisant toujours un peu plus leur singularité et forgeant leur identité d’artistes accomplies. Les caméras de Boris Barthes et de Stéphanie Rouget les ont suivies pendant plus d’un an pour tenter de cerner ce que signifie être une artiste aujourd’hui : leurs doutes, leurs questionnements, leur cheminement et leurs moments de joie intense. Si la question du sexisme dans l’industrie musicale n’est pas centrale dans Band de Filles, c’est malgré tout une interrogation sous-jacente.

Se dévoilant en toute confiance, elles ont accepté de se laisser filmer durant des moments singuliers, la répétition des mêmes gestes, les heures d’attentes pour 30 minutes de concert… Pendant un an, ils ont tenté de capter le processus créatif qui est au coeur de la vie de chacune. Et ils ont surtout perçu leur volonté farouche de ne pas lâcher l’affaire. Tiraillées entre une réalité économique difficile, la peur de voir la créativité s’envoler, l’envie de succès… le processus de création tellement personnel et la dure réalité du milieu sont montrés ici avec beaucoup de pudeur et de réalisme.

Band de Filles nous permet de nous faire petite souris, de nous immerger dans leur vie, sans spectaculaire ni voix off narrant leurs péripéties. Nous sommes avec elles, nous les accompagnons, nous les écoutons, nous les soutenons, nous les encourageons d’un regard… Ce que tout artiste attend de nous, les spectateurs, les fans, les amateurs.trices de musique.

La projection sera suivie d’un échange avec Agnès Gayraud aka La Féline. (https://lafelinemusic.com/)

Cette projection s’inscrit dans le cadre d’un projet soutenu par 5 étudiants du Master 2 Développement de Projets Artistiques et Culturels Internationaux de l’Université Lyon 2, qui proposent une réflexion autour des actions à mener en faveur d’une plus grande égalité hommes/femmes. En effet, moins de 10 % des artistes programmés sur les scènes de musiques actuelles sont des femmes.

Les échanges se poursuivront le lundi 19 mars à 14h à la Maison Pour Tous – Salle de Rancy dans le cadre du Festival des Chants de Mars. Une table-ronde ayant pour thème « Sous-représentation des femmes dans les programmations de musiques actuelles quels outils pour plus d’égalite ? » donnera la parole à des professionnel.les du secteur (Programmateur.trice, directeur.trice de salle de spectacles…) désireux de partager des méthodes de travail et des outils concrets qu’ils ont identifiés comme efficaces pour évoluer vers des pratiques plus inclusives.

— CLÉ DU SOL — MARDI 13 MARS > de 20h30 à 23h30

>>> Clé du Sol fait sa JAM SESSION au Périscope le mardi 13 mars à partir de 20.30 !
Depuis le mois de février, des rencontres entre musiciens réfugiés et lyonnais s’organisent au sein du Marché Gare et du Périscope, qui appartiennent au réseau de scènes de musiques actuelles lyonnais S2M.

Clé du sol·voit dans la musique une manière universelle de communiquer, permettant un échange plus libre qui transcende les différences. C’est donc dans le but d’encourager la rencontre, la mixité et l’hybridation des arts que nous nous réunirons en musique le 13 mars prochain pour une Jam Session.

>>> SCÈNE OUVERTE

En plus de découvrir le travail des participants au projet Clé du Sol, nous vous invitons à partager la scène avec eux, quelques soit votre horizon musical. N’hésitez donc pas à ramener votre instrument de prédilection et participer à la fête !

>>> GRATUIT

Le master fête ses 30 ans – SAVE THE DATE 06 octobre 2018

Cher.e.s ancien.ne.s étudiant.e.s du Master DPACI,

Cher.e.s ancien.ne.s étudiant.e.s du DESS Développement culturel et direction de projets,

Chers ancien.ne.s de l’ARSEC,

Nous vous écrivons à l’occasion d’un fameux événement : en 2018, la formation diplômante créée en 1988 par Pascale Bonniel-Chalier, Jacques Bonniel et Jacky Vieux, fêtera ses 30 ans.

Si, au cours des années et à plusieurs reprises, elle a changé de nom, cette formation nous a tous.tes rassemblé.e.s à un moment crucial de notre vie pour nous permettre de poser un nouveau regard sur la culture et les métiers qui l’animent.

Professionnel.le.s installé.e.s, étudiant.e.s, jeunes diplômé.e.s, membres du comité pédagogique,  intervenant.e.s, nous vous proposons de tous.tes vous réunir le samedi 6 octobre 2018, pour une journée de réflexion et une soirée festive.

L’occasion de retrouver des ami.e.s, d’ancien.ne.s partenaires de travaux, des intervenant.e.s qui nous ont inspiré.e.s. L’occasion également de partager expériences et questionnements au sujet de ces arts et ces cultures qui nous passionnent et nous entourent.

Et ainsi, l’occasion de célébrer un réseau foisonnant !

En pleine organisation, nous vous indiquerons le lieu définitif de l’événement (à Lyon) dès qu’il sera confirmé. Côté programme, le fil rouge de la journée sera celui du parcours professionnel d’un.e acteur.rice culturel.le. Pour rythmer cette journée nous vous proposons différents ateliers, dont les thématiques vous sont présentées dans le formulaire d’inscription.

Pouvez-vous nous communiquer, via ce dernier, votre intention de présence le jour J et votre choix d’ateliers ? Cela nous aidera à organiser au mieux cet événement. Le formulaire nous permettra également à mettre à jour le carnet d’adresse des ancien.ne.sde la formation.
Nous vous invitons à partager l’information auprès des ancien.ne.s étudiant.e.s que vous souhaitez retrouver !

Dans l’attente de vous lire et de vous rencontrer, nous espérons que vos retours seront nombreux.

Bien à vous et très amicalement,

 

L’équipe de l’association RENCART et Camille JUTANT, Responsable du Master

Colloque international – Politiques culturelles et ordre social 1968–2018 : morales, écarts, possibles

 

Du 12 au 14 décembre 2018, à Lyon et Villeurbanne

En ce cinquantième anniversaire de la Déclaration de Villeurbanne, texte fondateur, engagé et ambigu, nous organisons un colloque qui prend pour objet la politisation par la culture à partir du point de rupture de 1968. L’évolution des référentiels de l’action culturelle et la façon dont ils parlent de (ou taisent) la relation entre politique et culture sera analysée dans trois directions : la spécialisation des protagonistes de la culture (opérateurs, artistes, public) ; la territorialisation de la culture (entre essoufflement des politiques culturelles nationales, internationalisation et montée en puissance du fait urbain) ; lescadres institutionnels et organisationnels de l’activité culturelle (leur caractère contraignant et leursinterstices).

La réflexion collective et pluridisciplinaire sur les mutations des politiques culturelles donnera lieu à laproduction d’un livre blanc sur l’état des lieux des relations entre actions culturelles et moralepolitique.

Vous trouverez ici l’appel à communication pour le colloque

Appel-Colloque Policult68-DEF2

ARTEFACT : Les robots sur scène, le théâtre sans humain. Quels enjeux pour le futur du spectacle vivant ?

 

Artefact : spectacle immersif et étonnant

Le 17 novembre 2017, nous avons assisté au spectacle ​Artefact,​ présenté au Théâtre Nouvelle Génération (TNG) dans le cadre du festival Micro Mondes et crée par Joris Mathieu en compagnie de Haut et Court. Joris Mathieu, metteur en scène et directeur du TNG depuis 2015, était présent après le spectacle pour discuter avec les spectateurs et pour initier un échange des réflections et des émotions.

Artefact ​est une pièce de théâtre immersive et ambulante, sans humains sur scène, qui pose des questions sur le rôle des machines et des robots dans notre société, sur la puissance de l’intelligence artificielle et sur « la disparition pure et simple de l’Humanité1. » Divisé en trois parties, le spectacle évoque une ou plusieurs pièces de théâtre connues par partie, notamment ​Hamlet ​et ​Macbeth de William Shakespeare, ​R.U.R. de Karel Čapek, et ​En attendant Godot ​de Samuel Beckett. A travers ces références, la pièce distingue un thème principal par partie : la mortalité de l’Homme comme individu, la culture humaine face aux machines, et la fin de l’humanité tout court. Les spectateurs sont repartis eux aussi en trois groupes, un dispositif significatif pour appréhender la trame narrative du spectacle qui, selon le metteur en scène « finit toujours par faire une boucle un peu logique2 », malgré le fait que les trois groupes ne voient pas les trois parties du spectacle dans le même ordre.

Suivant notre expérience en tant que spectatrices, nous étions interpellées par les thèmes abordés dans ce spectacle, mais aussi par des questions plus larges qui concernent les relations entre le théâtre, les machines et la logique du metteur en scène. Nous demandons donc, ​e​n quoi l’utilisation des robots comme comédiens dans le théâtre communique l’intention du metteur en scène, du dramaturge, et révèle la signification qu’ils donnent à ces machines ?

Le robot naît au théâtre

L’idée d’utiliser de la technologie sur scène nous paraît spécialement pertinente aujourd’hui, mais cette notion remonte bien loin dans le passé si nous considérons le fait que « la technique a toujours été au service du théâtre3 », comme l’a évoqué Joris Mathieu pendant notre temps d’échange. Le concept du robot comme nous le connaissons, date de 1920, avec la pièce ​R.U.R.​ de Čapek, le nom venant du tchèquerobota​ ou « travail forcé4 ». A travers cette oeuvre, Čapek interroge non seulement le concept de robot comme un être fait à l’image de l’homme pour travailler à sa place, mais il soulève aussi des questions sur le destin de l’Humanité face aux machines intelligentes, et à ce que deviendra notre héritage. ​Artefact f​ ait référence à cette oeuvre, pour poser les mêmes questions presque un siècle plus tard.

Le sujet de l’éthique est surtout présent dans ​R.U.R.,​ et Čapek nous fait réfléchir à la question : si nous créons des robots à notre image, est-ce que nous sommes tenus de leur donner les mêmes droits que que ceux dont nous jouissons ? Dans​ Artefact,​ ce questionnement éthique est posé en lien direct avec les comédiens : comment justifier le remplacement des comédiens humains par des machines ? Pendant que ​Artefacttourne, les comédiens de la compagnie Haut et Court sont au chômage. En revanche, ces emplois perdus sur scène sont remplacés par des emplois derrière la scène, notamment ceux des techniciens qui s’occupent des machines. ​Artefact​ nous donne accès à un monde de théâtre sans comédien, mais le théâtre sans technicien reste inimaginable, car les robots sur scène ont tout de même besoin d’être programmés et entretenus par des humains.

Le robot comme protagoniste

La présence du numérique dans les arts plastiques est évidente depuis longtemps, mais ces mêmes technologies « acquièrent aujourd’hui un véritable protagonisme5 » dans le spectacle vivant. Dans le théâtre les dispositifs numériques pour créer des effets sur scène sont de plus en plus présents, mais ils restent à l’arrière plan. En utilisant des machines en lieu et place des comédiens, les spectacles comme A​ rtefact ​donnent une importance et une signification au numérique qui n’était pas possible en gardant ces dispositifs derrière la scène. Nous pouvons interroger également le choix des machines utilisées, selon certaines distinctions suivantes:

« On peut établir la typologie suivante pour l’objet en question [l’objet technologique], tant matériel (robotique, par exemple) que numérique (un logiciel) : soit c’est un objet existant qui acquiert sur la scène un nouvel usage et une nouvelle signification, soit il naît uniquement pour la scène et en détermine une esthétique spécifique6. »

Au lieu de se focaliser sur la création de nouvelles technologies pour soutenir les comédiens, ​Artefact​ se réapproprie des machines existantes, en les transformant en comédiens. Son « objet technologique » est donc matériel, et porteur d’une nouvelle signification à travers son usage sur scène. A​ rtefact​ nous fait nous questionner sur la façon dont nous arrivons à être touchés par de simples machines. Pour cette raison, le fait que le bras robotique et l’imprimante 3D soient des machines pas faites à l’image de l’homme, donne encore plus de puissance à leur présence sur le plateau. Utiliser le robot comme protagoniste dans une pièce, suppose aussi que les émotions évoquées pendant le spectacle seront en lien avec cette machine. A travers des textes récités par les machines, comme est le cas dans A​ rtefact​, de fortes émotions arrivent à être exprimées. Néanmoins, même si le robot sert à transmettre la parole efficacement, il y a un travail en amont d’écriture ou d’adaptation de texte qui nous ramène vers le côté humain.

Le titre A​ rtefact f​ ait référence aux objets représentatifs d’une culture humaine, qui sont définis en anthropologie comme des produits « ayant subi une transformation par l’homme.7» Les machines présentes sur scène sont des créations de l’homme, et donc des artefacts. Afin de nous interroger sur la transmission des savoirs pour perpétuer notre existence tant qu’humain, A​ rtefact ​nous présente un futur où les machines sont les derniers artefacts, la dernière trace de l’Humanité, tout en étant la cause même de sa fin. Mais il pose aussi la question de la définition du mot artefact, la transformation d’objet doit-elle être strictement réalisée par un être humain ? Si nous imaginons une intelligence artificielle assez puissante pour créer des oeuvres originales, celles-ci seront-elles des artefacts ou réservons-nous ce mot aux créations humaines ? ​Artefactdemande si le robot peut être créateur et non seulement outil, en nous proposant un scénario dans lequel les robots se réapproprient le théâtre en retravaillant des textes existants. Dès lors, le robot dans ​Artefact s’​approche du rôle de créateur en devenant passeur de savoirs et producteur d’une sorte d’artefact.

Le message derrière les machines

Nous pouvons comparer la mise en scène et la signification d’​Artefact​ avec celles d’autres spectacles vivants qui utilisent des robots. ​Sayonara, version 2​ d’Oriza Hirata, par exemple, met ensemble sur scène un humain et un androïde (avec une apparence si réaliste que c’en est troublant); pour nous faire réfléchir à la place des robots dans notre monde aujourd’hui et pour nous avertir des dangers qui nous attendent dans le futur. Hirata normalise l’utilisation des robots dans le théâtre, en utilisant des androïdes non seulement dans ​Sayonara m​ ais aussi dans ses adaptations de ​La Métamorphose​ de Kafka et ​Les Trois Soeurs​ de Tchekhov, en version androïde. Pour Hirata, le futur des robots dans notre vie, et surtout dans notre théâtre, est évident8. Il ne s’agit donc pas de se demander si les robots vont avoir une présence sur scène, mais de savoir quelle signification nous donnerons à cette présence. Pourquoi mettre des robots sur scène, et pour transmettre quel genre de message ?

Dans les performances de danse ​Robot​ de Blanca Li et ​School of Moon​ de Eric​ ​Minh Cuong Castaing, les robots NAO dansent sur le plateau avec les danseurs humains, leurs deux corps à la fois en lien et en contraste à travers leurs mouvements. Ces spectacles explorent des questions de relation entre corps, et plus largement entre l’homme et la machine, comme Bianca Li le demande : « Une machine même évoluée peut-elle remplacer le rapport au vivant9 ? » Les robots humanoïdes NAO représentent une forme de machine entre le bras robotique froid et sans visage de ​Artefact,​ et l’androïde de Sayonara​ avec son apparence si réaliste que nous ne la distinguons pas facilement sur scène comme étant une machine. Li nous fait revenir également sur la question de la signification du mot artefact et l’idée de la machine comme créatrice, en demandant : « Les robots sont-ils des entités capables d’intégrer le désordre créateur10? »​ Le spectacle de Li repose surtout sur des éléments fantastiques pour émerveiller le spectateur, mais il finit par poser les mêmes questions sérieuses et sombres que S​ayonara​ et Artefact​.

Nous nous interrogeons également sur la question des publics et sur le rôle des jeunes comédiens et spectateurs, face aux machines. ​School of Moon​ met en scène des enfants, et le travail de Joris Mathieu vise surtout à « ​inventer des dispositifs innovants pour aller à la rencontre des publics et en particulier des plus jeunes spectateurs11 ​» . Si la signification derrière ses oeuvres est d’imaginer notre futur avec les machines, ce sont les enfants qui le vivront. En mettant des enfants sur le plateau avec les machines ou dans le public, ces spectacles posent des questions sur l’avenir directement aux jeunes qui vont le construire.

Robots sur scène : le futur du théâtre ?

L’enjeu du numérique dans le théâtre, et plus globalement dans les arts, n’est pas récent, mais il nous semble de plus en plus pertinent avec la rapidité des avancées technologiques et l’accélération de notre dépendance au numérique, au cours des deux dernières décennies. Dans le milieu du théâtre, le numérique est surtout présent derrière le spectacle, du côté du technicien et en arrière plan de la scène, mais à travers les oeuvres que nous venons d’évoquer, il est clair que la technologie et en particulier les machines, commencent à avoir plus de présence sur scène. Nous nous demandons donc si cette présence de robots-comédiens n’est « qu’une question de temps12 », comme le metteur en scène Oriza Hirata en est convaincu.

Nous nous questionnons aussi sur le rôle de la culture dans cette évolution. Dans la société japonaise dans laquelle Hirata vit et travaille, la présence des robots au quotidien est déjà normale, et leur insertion complète dans la société et plus recherché au Japon qu’ailleurs. Les robots NAO par exemple, sont largement utilisés ont vocation​ à être bientôt «​ ​mis au service du grand public comme assistant personnel13 ​» non seulement au Japon mais dans le monde entier.​ ​Au japon l’utilisation des robots dans le théâtre est donc moins choquante, et même logique. Les pièces de Hirata, comme celle de Mathieu nous font réfléchir au futur de l’Humanité, et à notre Histoire collective. Mais en réfléchissant aux différences culturelles, nous nous demandons si le déroulement de cette Histoire pourrait se passer différemment dans les diverses parties du monde.

Melissa DOUVILLE Tereza KASPAROVA

 

1 ​Mathieu, Joris, directeur du TNG. Discussion post-séance le 17 novembre 2017.

2 Idem.

3 Mathieu, Joris, directeur du TNG. Discussion post-séance le 17 novembre 2017.

4 Larousse (2018) ​Robot ​[en ligne]. Disponible sur : ​http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/robot/88768

5 Pluta, I. ​(2016) ​Lorsqu’un metteur en scène re/invente un objet technologique. Parcours, collaborations, traces, Hispania, 31 (19), p. 121

6 Pluta, I. ​(2016) ​Lorsqu’un metteur en scène re/invente un objet technologique. Parcours, collaborations, traces, Hispania, 31 (19), p. 121

7 ​Larousse (2018) ​Artefact ​[en ligne]. Disponible sur : ​http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/artefact/5512

8 Hirata, O. (2011) Le théâtre et les robots. Agôn, [en ligne] Disponible sur :http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=1170​ ​/

9 Blanca Li (2014) ​Robot ​[en ligne]. Disponible sur : ​https://www.blancali.com/fr/event/99/robot

10 Idem.

11Théâtre Nouvelle Génération (2017) ​Joris Mathieu ​[en ligne]. Disponible sur :http://www.tng-lyon.fr/artistes/joris-mathieu/

12 Pluta, I. (2013) Robots sur scène : (En)jeu du futur / Sayonara ver. 2 / Les Trois Soeurs version Androïde. Jeu, [en ligne] 149 (145–148), Disponible sur : ​https://www.erudit.org/fr/revues/jeu/2013-n149-jeu01089/70915ac/

13 ​Blanca Li (2014) ​Robot ​[en ligne]. Disponible sur : ​https://www.blancali.com/fr/event/99/robot

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages :

Besnier, J. (2009) Demain les posthumains. Paris : Hachette Littératures.
Mèredieu, F. (2004) Histoire matérielle et immatérielle de l’art moderne. Paris : Larousse.

Articles de revue :

Pluta, I. ​(2016) ​Lorsqu’un metteur en scène re/invente un objet technologique. Parcours, collaborations, traces, Hispania, 31 (19), pp. 115–129

Pluta, I. (2013) Robots sur scène : (En)jeu du futur / Sayonara ver. 2 / Les Trois Soeurs version Androïde. Jeu, [en ligne] 149 (145–148), Disponible sur :https://www.erudit.org/fr/revues/jeu/2013-n149-jeu01089/70915ac/​ [Consulté le 16 février 2018]

Hirata, O. (2011) Le théâtre et les robots. Agôn, [en ligne] Disponible sur :http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=1170​ ​/​ [Consulté le 20 février 2018]

Articles de Presse

Chazelle, A. (2016) Danse avec les robots. Mouvement​, [​ en ligne] 5 janvier 2016. Disponible sur :http://www.mouvement.net/teteatete/entretiens/danse-avec-les-robots​ [Consulté le 22 février 2018]

Morain, O. (2017) « Artefact » : Joris Mathieu bouscule les codes du travail et remplace les comédiens par des robots. France info, [en ligne] 16 avril 2017. Disponible sur :https://culturebox.francetvinfo.fr/theatre/theatre-contemporain/artefact-joris-mathieu-remplace -les-comediens-par-des-robots-254791​ [Consulté le 22 février 2018]

Hillériteau, T. et Bavelier, A. (2013) Robots, androïdes, hologrammes : les nouvelles stars. Le Figaro, [en ligne] 26 décembre 2013. Disponible sur :http://www.lefigaro.fr/theatre/2013/12/26/03003-20131226ARTFIG00143-robots-androides-holo grammes-les-nouvelles-stars.php​ [Consulté le 20 février 2018]

Site-webs

Théâtre Nouvelle Génération (2017) A​ rtefact ​[en ligne]. Disponible sur :http://www.tng-lyon.fr/spectacles/artefact/​ [Consulté le 20 février 2018]

Théâtre Nouvelle Génération (2017) J​ oris Mathieu ​[en ligne]. Disponible sur :http://www.tng-lyon.fr/artistes/joris-mathieu/​ [Consulté le 20 février 2018]

BlancaLi(2014)​Robot[​enligne].Disponiblesur:h​ ttps://www.blancali.com/fr/event/99/robot[Consulté le 20 février 2018]

Larousse (2018) R​ obot [​ en ligne]. Disponible sur :http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/robot/88768​ ​[Consulté le 20 février 2018]

Larousse (2018) A​ rtefact [​ en ligne]. Disponible sur :http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/artefact/5512​ [​ Consulté le 20 février 2018]

carnet de bord #4

 

Il ne devrait pas être permis de faire des études universitaires sans voyager. Mon cerveau en a encore des courbatures. Les yeux grands ouverts, sourires francs, à passer cinq jours à déambuler comme une meute d’enfants dans une ville qu’on connaît un tout petit peu plus. Capturer le chant de la langue, façades d’immeubles, nouveaux visages, vitrines et publicités, plats mystérieux. Saisir puis s’imprégner et se rapprocher. Rien n’est comme on l’imaginait en observant de loin. Et qu’est-ce que ça rend intelligent d’aller à la rencontre. On a beau le savoir, c’est si vivant de réactualiser cette manière d’être en faisant dérailler son quotidien !

Cinq jours de cours, visites, rencontres, cinq jours ce que c’est court. Mais déjà assez pour confronter ses représentations au réel, balayer la simplicité supposée du monde et l’embrasser à nouveau dans toute sa joyeuse complexité.

Un centième moins complexe grâce à Milena, Irina, Borka, Aleksandra, Milan, Goran et tous les autres. Des professeurs, des étudiants, des artivistes, des citoyens. Grâce à qui on a pu rattacher à du concret des concepts pleins de syllabes. « Échange interculturel », « patrimony », « živeli » et j’en passe.

Grâce à toutes les personnes rencontrées on a pu ressentir la signification de l’hospitalité, d’une franche hospitalité même, qui donne simplement envie de rendre la pareille de retour au bercail. Et l’envie de continuer à échanger. Glaner des secrets de cuisine, s’informer sur l’état de la scène punk, découvrir les standards de la musique serbe en karaoké, et surtout, surtout, s’inscrire dans cette tradition plusieurs fois centenaire d’échange entre universités européennes en dansant le rock jusqu’au petit matin au squat de Kvaka 22.

Une sensation désarçonnante, propre à chaque voyage, aura été d’incarner plusieurs identités tout au long de voyage. N’être que soi mais dans la rencontre avec l’autre, représenter 1- le touriste un peu paumé, 2- les clichés français, 3- le patrimoine lyonnais, 4- le système universitaire national avec sa tribu de collègues étudiants, 5- 6- 7-…  Et composer avec toutes ces facettes, avec ce que l’autre en attend, dans ce qu’on offre à voir et dans la manière dont c’est reçu. Jongler avec ce qui vient de soi et ce qu’on attend de nous en tant que membre d’une communauté. Et au final, bien simplement, rencontrer des personnes incroyables – et dans nos différences trouver tellement en commun.

On avait beau s’être rencontré quelques fois entre M1 et M2, c’est bien deux tribus distinctes qui sont parties de l’aéroport de Lyon. Mais quelques dizaines d’expéditions à pied, du chinage de haut vol, des grandes ventrées de goulasch et ces quelques bières de trop nous auront fait repartir comme une seule équipe et ça, c’est une des plus belles promesses à l’avenir qui ressort de ce voyage. C’était déjà prodigieux d’avoir rencontré des personnes aussi folles dans ma promo… hé bien oui, doublons la mise !

A bientôt Belgrade(s)

V LH