Design, médiation et Sciences – Workshop avec les écoles d’arts de Bordeaux, de Lyon et de la HEAR, en février 2019

Programme du workshop 
Station scénographique 
Météorologie / Nuages
28 janvier – 1er février 2019
 
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Présentation
La Station scénographique est un atelier sur la scénographie d’exposition à destination des étudiants de Master en design, art et sciences humaines. Il réunit des étudiant.e.s et enseignant.e.s du Master Design de l’École supérieure des beaux-arts de Bordeaux – EBABX,  du Master Design Espace Exposition de École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon – ENSBAL,  du Master Développement de Projets Artistiques et Culturels Internationaux de l’Université Lumière Lyon 2 et du Master de Didactique Visuelle de la Haute École des Arts du Rhin – HEAR. Cet atelier pour vise à imaginer et expérimenter des dispositifs d’exposition et de médiation (spatiaux, graphiques, numériques), à l’échelle 1,  au sein de musées et lieux d’exposition La Station scénographique questionne le rôle du design dans la médiation des savoirs et des objets, c’est-à-dire, sa capacité à générer des situations propices à la découverte et à la connaissance.
 
Sujet et attendus

Cette année, la Station scénographique a pour thématique la météorologie, science d’observation des phénomènes atmosphériques. Le workshop s’est attaché aux nuages, objets qui intéressent l’art comme la science.

L’étude des nuages permet d’interroger :
— La représentation de formes fugaces, en mouvement, en suspension, vouées à disparaître (Photographie ? Vidéo ? Dessins ? Volume ?)
Comment se saisir d’un objet éphémère, comment l’archiver ?
— L’observation : a quel endroit se situer pour observer les nuages ? (Au sol ? Dans les airs ? Dans l’espace ? Quels outils et dispositifs d’observation ?)
— La transmission d’une science d’observation et de prédiction, entre science objective, métaphysique et mélancolie. Quelle est la place du designer et du médiateur dans la transmission d’un savoir ?

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Les étudiants en design et en médiation de l’EBABX, l’ENSBAL, l’Université Lumière Lyon 2 et la HEAR Strasbourg ont imaginé des objets de médiation de l’étude des nuages. Ces objets,  didactiques ou évocateurs, sont physiques,  numériques ou virtuels (volume, graphisme, installation, dispositif projeté, dispositif sonore).
La confrontation aux collections permanentes et aux expositions temporaires du MADD a été très inspirante pour les étudiant.e.s,  par les formes,  couleurs,  signes visuels et matériaux.
L’exposition « Phénomènes » était visible au moment du workshop. Ce  » projet expérimental et interactif des designers Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage explore les lois de la physique, du numérique et de l’électronique et propose au public d’expérimenter ces divers phénomènes scientifiques par le biais d’une série de dispositifs intuitifs, divertissants et accessibles à tous « .

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Thierry Michel, enseignant à l’Ecole Nationale de Météorologie / Département Instruments, mesure et observation (Toulouse) a été notre référent scientifique. Il a donné une conférence d’introduction sur l’étude des nuages lundi 28 janvier matin puis a échangé avec les étudiant.e.s .

LES ÉTUDIANTS DU MASTER 2 MONTENT UN PROJET DE COOPÉRATION CULTURELLE FRANCE – MAROC

Tanger est une ville singulière, traversée par de nombreuses influences. Deuxième ville économique du Maroc après Casablanca, elle compte une densité de population de plus d’1 million d’habitant.e.s, qui s’accroît de plus en plus ; l’urbanisation grandissante a changé le visage de la ville et l’équilibre entre les différents quartiers. Carrefour entre l’Europe et l’Afrique, Tanger connaît une métamorphose fulgurante, avec notamment la construction du port EuroMed, projet d’envergure visant à attirer de nouveaux investisseurs internationaux, augmenter l’attractivité touristique et économique et l’industrialisation de la région.

Quel impact ces mutations ont-elles sur le secteur culturel et artistique de Tanger ?

L’idée de ce voyage est née de l’envie de découvrir un pays/une région/une ville, par le regard d’acteurs et actrices culturel.le.s. Dans un contexte économique, politique, social, urbain particulier, il nous tenait à cœur de comprendre leurs enjeux et les problématiques qui les traversent. Nous avons donc pensé ce séjour en lien étroit avec des structures culturelles tangéroises, avec pour objectifs :

  • d’encourager et accompagner la coopération internationale auprès de futurs opérateur.trice.s culturel.le.s
  • de participer de façon active à un programme interculturel entre la France et le Maroc
  • de comprendre les enjeux culturels d’un territoire en développement urbain fulgurant
  • de développer et mettre en perspective le contenu pédagogique du Master 2
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Après 3 mois de préparation, nous sommes parti.e.s du 1er au 6 février 2019 à Tanger ! Sur place, nous avons rencontré des acteurs et actrices culturel.le.s, visité des lieux et réalisé deux workshops. Le premier avec Think Tanger et le second avec Tabadoul, pour comprendre et échanger autour de leurs problématiques (structuration, développement de projets, recherche de financements etc.)

Un aperçu du programme

Vendredi 1 février :

Open-mic à Tabadoul

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Samedi 2 février :

Visite du Musée de la Kasbah, guidée par Saousan Yahia, conservatrice adjointe

Lundi 4 février

Matin : rencontre et visite de Tabadoul avec Silvia Coarelli, Directrice

Après-midi : workshop

Par groupe, nous avons participé à des case studies mis en place en lien avec les deux structures, c’est-à-dire un temps de réflexion collective sur des problématiques liées à leur activité, pour échanger et réfléchir ensemble à des pistes d’évolution.

1/ Think Tanger – thématiques : business model, RSE

2/ Tabadoul – thématiques : stratégie de communication, structuration, implication du public

visite des Ateliers Kissaria/Think Tanger avec Amina Mourid, Cheffe de projets

Mardi 5 février

Matin : Visite de la Cinémathèque de Tanger et rencontre avec Mohamed Lansari, Directeur  artistique

Après-midi : Rencontre avec Jérôme Migayroux, Directeur de l’Institut français de Tanger

Visite de la Galerie Delacroix

Ce voyage a eu un impact fort auprès de chacun.e ; il a permis de mettre en perspective des thématiques abordées en cours, avec les problématiques liées au terrain, tout en développant l’aspect international de notre formation de manière concrète. Propice aux rencontres et aux échanges, il a notamment permis de changer de point de vue et découvrir d’autres logiques d’actions.

Mille mercis à Amina Mourid et l’ensemble de Think Tanger, Silvia Coarelli et la folle équipe de Tabadoul, Jérôme Migayroux pour son accueil à l’Institut Français, Mohamed Lansari et la Cinémathèque de Tanger, Saousan Yahia et l’équipe du Musée de la Kasbah.

Un grand merci à toutes les personnes ayant œuvré de près ou de loin à la réalisation de ce séjour.

Retrouvez nos structures partenaires sur :

Cinémathèque de Tanger – www.cinemathequedetanger.com

Think Tanger – www.think-tanger.com // facebook : Think Tanger

Tabadoul – www.tabadoul.org

Institut français de Tanger – www.if-maroc.org/tanger

Musée de la Kasbah de Tanger – www.fnm.ma/musee-de-la-kasbah-de-tanger

Projets de la promo 2018/2019

 
KATAPÜLTE
Jeudi 14 mars à partir de 18h30
The Mini Bar, 34 rue Montesquieu, 69007, Lyon
 

KATAPÜLTE est un projet qui réunit un groupe de dessinateurs et dessinatrice de BD le temps de trois workshops afin de préparer un strip de quelques cases. Ils le réaliseront ensemble en live et sur grand format le 14 mars au Mini Bar. Le défi réside dans le fait de concevoir et réaliser collectivement chacune des cases de ce strip.
Le public sera également convié à partager sa créativité sur une fresque participative et peut-être influer sur le scénario final de l’histoire dessinée devant leurs yeux…


Entrée libre

 
 
 
L’OMBRE DE LA MARIONNETTE – collectif Bout de ficelle et Touche de bois
Rencontre et expérimentations
Samedi 16 mars 14h à 16h30
MJC Presqu’île Confluences 28 Quai Rambaud 69002 Lyon
 
Le projet du collectif Bout de ficelle et Touche de bois est d’une part de participer à la visibilité de la diversité des arts de la marionnette et d’autre part d’organiser un temps d’échange entre marionnettistes et public, pour favoriser la compréhension vis à vis de ces esthétiques et stimuler l’intérêt pour les formes de création contemporaines.
 
Nous avons donc la joie de vous convier à l’évènement L’Ombre de la marionnette, le Samedi 16 Mars de 14h à 16h30 à la MJC Presqu’ile-Confluences. Cette rencontre  permettra d’échanger avec des marionnettistes sur leurs créations, leur vision esthétique, leur relation aux marionnettes. Un temps plus informel de rencontre physique, démonstration et manipulation des marionnettes sera proposé aux spectateurs présents, pour comprendre les techniques de construction de l’objet et les mécaniques de mouvement.
 
 
 
WE ARE FAKE NEWS – collectif Fra Cas
Projection Débat
Mercredi 13 mars 19h30
Sofffa 27 rue Cavenne 69007 Lyon

 

« Pas un jour ne se passe sans entendre parler de rumeurs, fake news, post vérité, fact checking ou encore de guerre de l’information. Outil de propagande, de désinformation, de thèse conspirationniste ou phénomène naturel et ancestral, la rumeur est devenue un véritable enjeu politique démultiplié par le numérique. Elle fait (re)surgir les peurs et les mal-êtres de nos sociétés, traduisant d’une relative perte de croyance envers les instances de pouvoir dominantes (médiatiques, politiques, etc.). 
La décortiquer, la déconstruire ou s’y engouffrer, c’est en jouant avec la rumeur que le collectif FRA CAS veut mettre en discussion les nouveaux rapports au monde.
En partenariat avec Sofffa, Fra Cas vous propose une soirée projection-débat le mercredi 13 mars à 19h30 à Sofffa Guillotière. »


BORDER ART : AU-DELA DES FRONTIERES
EXPOSITION PHOTO – FRESQUE PARTICIPATIVE – TÉMOIGNAGES VIDÉO
JEUDI 14 MARS DE 14H30 A 20H
Au Centre Social René Cassin – 30 rue de Marseille 69330 Meyzieu

Cette année, nous fêtons les 30 ans de la chute du mur de Berlin : 1989-2019. Pourtant, les hommes n’ont jamais construit autant de murs-frontières : plus de 40.000 km, de quoi faire le tour de la terre. L’exposition Border Art : “Au-delà des frontières” est née de la rencontre de 5 étudiants du Master 2 DPACI de l’Université Lyon 2 avec les Centres sociaux de Meyzieu, co-organisateurs du projet. Nous souhaitons sensibiliser le public à cette question des frontières visibles et invisibles qui nous séparent et à la façon dont l’art peut nous aider à les dépasser.

INFOS PRATIQUES : https://www.facebook.com/projetborderart/

 

S’ENTENDRE PLACE DUREL – Matinée Sonore
Installation Sonore – Cinéma à l’oreille – Écoutes Collectives
Samedi 16 mars de 9h à 14h
Place Durel, Saint Fons, 69190
L’Atelier Expri’Mental, un collectif multiculturel d’étudiants de M2 en Développement de Projets Artistiques et Culturels Internationaux de l’Université Lumière Lyon 2 vous propose une rencontre sonore, immersive et artistique. 
Ce projet s’inscrit dans une mission plus large d’expérimentation dans le réaménagement urbain de la Place Durel au centre de Saint-Fons sur deux ans, menée par Kaléido’Scop et le Collectif Pourquoi pas!? Ces deux partenaires nous permettent d’inscrire notre action dans le long terme et d’expérimenter un dispositif d’implication citoyenne en lien avec le paysage sonore de la place. 
Plus d’infos: 

Projets de la promo 2017/2018

Les projets de la promo 2017/2018

Mémo’ART/ Exposition photo & Performance théâtrale

Depuis le mois de février, Mémo’ART organise des ateliers de photographie et d’expression théâtrale entre les réfugiés et les habitants du Grand Lyon. Ces rencontres ont nourri des expériences fortes qui donnent à voir des témoignages de vie et d’histoires imaginaires.

L’événement final de ces ateliers se réalisera au Rize le jeudi 15 mars à 18h.

Venez, vous aussi, partager des histoires lors de cet événement participatif et convivial !

Entrée gratuite.

******** AU PROGRAMME ********

18h – 20h :

>> Une exposition de photographies argentiques
Réalisées lors d’un parcours dans la ville de Lyon et de moments intimes des participants.

>> Des performances théâtrales
Sur la notion du souvenir que véhiculent les objets.

19h30 – 21h :

>> Un repas syrien préparé par notre incroyable Chef cuisinier de Cuisine Sam.

L’événement sera la restitution des ateliers, en présence des créateurs du projet qui sont les artistes Jonathan David (comédien), Maxime Caron Photography (photographe), Hélène Giudici et Amicie_P (plasticiennes) et les participants !

Les ateliers de Mémo’ART ont été conçus en partenariat avec le Groupe Singa Lyon, le Centre Social Bonnefoi et le Le Rize.

— ARRÊT NATURE — SAMEDI 10 MARS > de 13h à 18h

Né d’une réflexion sur notre relation aux autres dans nos rues et nos quartiers, ARrêT Nature est une invitation au dialogue et à la découverte sur la place Bir Hakeim dans le 3ème arrondissement de Lyon.

Le temps d’une après-midi, cet événement propose de réunir tous les habitant.e.s du quartier et les curieux.ses qui le souhaitent, autour d’ateliers et d’interventions présentés par des acteur.rice.s du tissu associatif, citoyen et artistique local.
Au programme ? Développement durable, art, créativité et débat citoyen, pour questionner les usages de l’espace public et nos rapport à la place, pour faire cohabiter les générations, pour imaginer un lieu de vie et de rencontres.

ARrêT Nature, c’est l’occasion de bénéficier de conseils pratiques pour cultiver son potager urbain, d’échanger des idées pour mieux vivre sa ville et son quartier, d’assister à un spectacle poétique en famille ou encore de connaître les initiatives citoyennes naissantes sur la place Bir Hakeim.
ARrêT Nature est une façon de réinventer, ensemble, la vie de quartier !Samedi 10 mars – Place Bir Hakeim, Lyon3 – 13h-18h
Ouvert à tous – Activités gratuites – Petite restauration sur place

— BAND DE FILLES — MERCREDI 14 MARS > de 18h30 à 20h30 & LUNDI 19 MARS > de 14h à 17h

Mercredi 14 mars de 18h30 à 20h30 – bibliothèque de la Part-Dieu – Entrée libre
Projection-rencontre autour de la place de l’artiste féminine dans les musiques actuelles

Cinq filles, cinq visions, cinq personnalités affirmées. Cléa Vincent, La Féline, Le Prince Miiaou, Marie Flore et Robi sont autant de talents qui gravitent dans l’ombre des plus médiatisés, aiguisant toujours un peu plus leur singularité et forgeant leur identité d’artistes accomplies. Les caméras de Boris Barthes et de Stéphanie Rouget les ont suivies pendant plus d’un an pour tenter de cerner ce que signifie être une artiste aujourd’hui : leurs doutes, leurs questionnements, leur cheminement et leurs moments de joie intense. Si la question du sexisme dans l’industrie musicale n’est pas centrale dans Band de Filles, c’est malgré tout une interrogation sous-jacente.

Se dévoilant en toute confiance, elles ont accepté de se laisser filmer durant des moments singuliers, la répétition des mêmes gestes, les heures d’attentes pour 30 minutes de concert… Pendant un an, ils ont tenté de capter le processus créatif qui est au coeur de la vie de chacune. Et ils ont surtout perçu leur volonté farouche de ne pas lâcher l’affaire. Tiraillées entre une réalité économique difficile, la peur de voir la créativité s’envoler, l’envie de succès… le processus de création tellement personnel et la dure réalité du milieu sont montrés ici avec beaucoup de pudeur et de réalisme.

Band de Filles nous permet de nous faire petite souris, de nous immerger dans leur vie, sans spectaculaire ni voix off narrant leurs péripéties. Nous sommes avec elles, nous les accompagnons, nous les écoutons, nous les soutenons, nous les encourageons d’un regard… Ce que tout artiste attend de nous, les spectateurs, les fans, les amateurs.trices de musique.

La projection sera suivie d’un échange avec Agnès Gayraud aka La Féline. (https://lafelinemusic.com/)

Cette projection s’inscrit dans le cadre d’un projet soutenu par 5 étudiants du Master 2 Développement de Projets Artistiques et Culturels Internationaux de l’Université Lyon 2, qui proposent une réflexion autour des actions à mener en faveur d’une plus grande égalité hommes/femmes. En effet, moins de 10 % des artistes programmés sur les scènes de musiques actuelles sont des femmes.

Les échanges se poursuivront le lundi 19 mars à 14h à la Maison Pour Tous – Salle de Rancy dans le cadre du Festival des Chants de Mars. Une table-ronde ayant pour thème « Sous-représentation des femmes dans les programmations de musiques actuelles quels outils pour plus d’égalite ? » donnera la parole à des professionnel.les du secteur (Programmateur.trice, directeur.trice de salle de spectacles…) désireux de partager des méthodes de travail et des outils concrets qu’ils ont identifiés comme efficaces pour évoluer vers des pratiques plus inclusives.

— CLÉ DU SOL — MARDI 13 MARS > de 20h30 à 23h30

>>> Clé du Sol fait sa JAM SESSION au Périscope le mardi 13 mars à partir de 20.30 !
Depuis le mois de février, des rencontres entre musiciens réfugiés et lyonnais s’organisent au sein du Marché Gare et du Périscope, qui appartiennent au réseau de scènes de musiques actuelles lyonnais S2M.

Clé du sol·voit dans la musique une manière universelle de communiquer, permettant un échange plus libre qui transcende les différences. C’est donc dans le but d’encourager la rencontre, la mixité et l’hybridation des arts que nous nous réunirons en musique le 13 mars prochain pour une Jam Session.

>>> SCÈNE OUVERTE

En plus de découvrir le travail des participants au projet Clé du Sol, nous vous invitons à partager la scène avec eux, quelques soit votre horizon musical. N’hésitez donc pas à ramener votre instrument de prédilection et participer à la fête !

>>> GRATUIT

Le master fête ses 30 ans – SAVE THE DATE 06 octobre 2018

Cher.e.s ancien.ne.s étudiant.e.s du Master DPACI,

Cher.e.s ancien.ne.s étudiant.e.s du DESS Développement culturel et direction de projets,

Chers ancien.ne.s de l’ARSEC,

Nous vous écrivons à l’occasion d’un fameux événement : en 2018, la formation diplômante créée en 1988 par Pascale Bonniel-Chalier, Jacques Bonniel et Jacky Vieux, fêtera ses 30 ans.

Si, au cours des années et à plusieurs reprises, elle a changé de nom, cette formation nous a tous.tes rassemblé.e.s à un moment crucial de notre vie pour nous permettre de poser un nouveau regard sur la culture et les métiers qui l’animent.

Professionnel.le.s installé.e.s, étudiant.e.s, jeunes diplômé.e.s, membres du comité pédagogique,  intervenant.e.s, nous vous proposons de tous.tes vous réunir le samedi 6 octobre 2018, pour une journée de réflexion et une soirée festive.

L’occasion de retrouver des ami.e.s, d’ancien.ne.s partenaires de travaux, des intervenant.e.s qui nous ont inspiré.e.s. L’occasion également de partager expériences et questionnements au sujet de ces arts et ces cultures qui nous passionnent et nous entourent.

Et ainsi, l’occasion de célébrer un réseau foisonnant !

En pleine organisation, nous vous indiquerons le lieu définitif de l’événement (à Lyon) dès qu’il sera confirmé. Côté programme, le fil rouge de la journée sera celui du parcours professionnel d’un.e acteur.rice culturel.le. Pour rythmer cette journée nous vous proposons différents ateliers, dont les thématiques vous sont présentées dans le formulaire d’inscription.

Pouvez-vous nous communiquer, via ce dernier, votre intention de présence le jour J et votre choix d’ateliers ? Cela nous aidera à organiser au mieux cet événement. Le formulaire nous permettra également à mettre à jour le carnet d’adresse des ancien.ne.sde la formation.
Nous vous invitons à partager l’information auprès des ancien.ne.s étudiant.e.s que vous souhaitez retrouver !

Dans l’attente de vous lire et de vous rencontrer, nous espérons que vos retours seront nombreux.

Bien à vous et très amicalement,

 

L’équipe de l’association RENCART et Camille JUTANT, Responsable du Master

Colloque international – Politiques culturelles et ordre social 1968–2018 : morales, écarts, possibles

 

Du 12 au 14 décembre 2018, à Lyon et Villeurbanne

En ce cinquantième anniversaire de la Déclaration de Villeurbanne, texte fondateur, engagé et ambigu, nous organisons un colloque qui prend pour objet la politisation par la culture à partir du point de rupture de 1968. L’évolution des référentiels de l’action culturelle et la façon dont ils parlent de (ou taisent) la relation entre politique et culture sera analysée dans trois directions : la spécialisation des protagonistes de la culture (opérateurs, artistes, public) ; la territorialisation de la culture (entre essoufflement des politiques culturelles nationales, internationalisation et montée en puissance du fait urbain) ; lescadres institutionnels et organisationnels de l’activité culturelle (leur caractère contraignant et leursinterstices).

La réflexion collective et pluridisciplinaire sur les mutations des politiques culturelles donnera lieu à laproduction d’un livre blanc sur l’état des lieux des relations entre actions culturelles et moralepolitique.

Vous trouverez ici l’appel à communication pour le colloque

Appel-Colloque Policult68-DEF2

ARTEFACT : Les robots sur scène, le théâtre sans humain. Quels enjeux pour le futur du spectacle vivant ?

 

Artefact : spectacle immersif et étonnant

Le 17 novembre 2017, nous avons assisté au spectacle ​Artefact,​ présenté au Théâtre Nouvelle Génération (TNG) dans le cadre du festival Micro Mondes et crée par Joris Mathieu en compagnie de Haut et Court. Joris Mathieu, metteur en scène et directeur du TNG depuis 2015, était présent après le spectacle pour discuter avec les spectateurs et pour initier un échange des réflections et des émotions.

Artefact ​est une pièce de théâtre immersive et ambulante, sans humains sur scène, qui pose des questions sur le rôle des machines et des robots dans notre société, sur la puissance de l’intelligence artificielle et sur « la disparition pure et simple de l’Humanité1. » Divisé en trois parties, le spectacle évoque une ou plusieurs pièces de théâtre connues par partie, notamment ​Hamlet ​et ​Macbeth de William Shakespeare, ​R.U.R. de Karel Čapek, et ​En attendant Godot ​de Samuel Beckett. A travers ces références, la pièce distingue un thème principal par partie : la mortalité de l’Homme comme individu, la culture humaine face aux machines, et la fin de l’humanité tout court. Les spectateurs sont repartis eux aussi en trois groupes, un dispositif significatif pour appréhender la trame narrative du spectacle qui, selon le metteur en scène « finit toujours par faire une boucle un peu logique2 », malgré le fait que les trois groupes ne voient pas les trois parties du spectacle dans le même ordre.

Suivant notre expérience en tant que spectatrices, nous étions interpellées par les thèmes abordés dans ce spectacle, mais aussi par des questions plus larges qui concernent les relations entre le théâtre, les machines et la logique du metteur en scène. Nous demandons donc, ​e​n quoi l’utilisation des robots comme comédiens dans le théâtre communique l’intention du metteur en scène, du dramaturge, et révèle la signification qu’ils donnent à ces machines ?

Le robot naît au théâtre

L’idée d’utiliser de la technologie sur scène nous paraît spécialement pertinente aujourd’hui, mais cette notion remonte bien loin dans le passé si nous considérons le fait que « la technique a toujours été au service du théâtre3 », comme l’a évoqué Joris Mathieu pendant notre temps d’échange. Le concept du robot comme nous le connaissons, date de 1920, avec la pièce ​R.U.R.​ de Čapek, le nom venant du tchèquerobota​ ou « travail forcé4 ». A travers cette oeuvre, Čapek interroge non seulement le concept de robot comme un être fait à l’image de l’homme pour travailler à sa place, mais il soulève aussi des questions sur le destin de l’Humanité face aux machines intelligentes, et à ce que deviendra notre héritage. ​Artefact f​ ait référence à cette oeuvre, pour poser les mêmes questions presque un siècle plus tard.

Le sujet de l’éthique est surtout présent dans ​R.U.R.,​ et Čapek nous fait réfléchir à la question : si nous créons des robots à notre image, est-ce que nous sommes tenus de leur donner les mêmes droits que que ceux dont nous jouissons ? Dans​ Artefact,​ ce questionnement éthique est posé en lien direct avec les comédiens : comment justifier le remplacement des comédiens humains par des machines ? Pendant que ​Artefacttourne, les comédiens de la compagnie Haut et Court sont au chômage. En revanche, ces emplois perdus sur scène sont remplacés par des emplois derrière la scène, notamment ceux des techniciens qui s’occupent des machines. ​Artefact​ nous donne accès à un monde de théâtre sans comédien, mais le théâtre sans technicien reste inimaginable, car les robots sur scène ont tout de même besoin d’être programmés et entretenus par des humains.

Le robot comme protagoniste

La présence du numérique dans les arts plastiques est évidente depuis longtemps, mais ces mêmes technologies « acquièrent aujourd’hui un véritable protagonisme5 » dans le spectacle vivant. Dans le théâtre les dispositifs numériques pour créer des effets sur scène sont de plus en plus présents, mais ils restent à l’arrière plan. En utilisant des machines en lieu et place des comédiens, les spectacles comme A​ rtefact ​donnent une importance et une signification au numérique qui n’était pas possible en gardant ces dispositifs derrière la scène. Nous pouvons interroger également le choix des machines utilisées, selon certaines distinctions suivantes:

« On peut établir la typologie suivante pour l’objet en question [l’objet technologique], tant matériel (robotique, par exemple) que numérique (un logiciel) : soit c’est un objet existant qui acquiert sur la scène un nouvel usage et une nouvelle signification, soit il naît uniquement pour la scène et en détermine une esthétique spécifique6. »

Au lieu de se focaliser sur la création de nouvelles technologies pour soutenir les comédiens, ​Artefact​ se réapproprie des machines existantes, en les transformant en comédiens. Son « objet technologique » est donc matériel, et porteur d’une nouvelle signification à travers son usage sur scène. A​ rtefact​ nous fait nous questionner sur la façon dont nous arrivons à être touchés par de simples machines. Pour cette raison, le fait que le bras robotique et l’imprimante 3D soient des machines pas faites à l’image de l’homme, donne encore plus de puissance à leur présence sur le plateau. Utiliser le robot comme protagoniste dans une pièce, suppose aussi que les émotions évoquées pendant le spectacle seront en lien avec cette machine. A travers des textes récités par les machines, comme est le cas dans A​ rtefact​, de fortes émotions arrivent à être exprimées. Néanmoins, même si le robot sert à transmettre la parole efficacement, il y a un travail en amont d’écriture ou d’adaptation de texte qui nous ramène vers le côté humain.

Le titre A​ rtefact f​ ait référence aux objets représentatifs d’une culture humaine, qui sont définis en anthropologie comme des produits « ayant subi une transformation par l’homme.7» Les machines présentes sur scène sont des créations de l’homme, et donc des artefacts. Afin de nous interroger sur la transmission des savoirs pour perpétuer notre existence tant qu’humain, A​ rtefact ​nous présente un futur où les machines sont les derniers artefacts, la dernière trace de l’Humanité, tout en étant la cause même de sa fin. Mais il pose aussi la question de la définition du mot artefact, la transformation d’objet doit-elle être strictement réalisée par un être humain ? Si nous imaginons une intelligence artificielle assez puissante pour créer des oeuvres originales, celles-ci seront-elles des artefacts ou réservons-nous ce mot aux créations humaines ? ​Artefactdemande si le robot peut être créateur et non seulement outil, en nous proposant un scénario dans lequel les robots se réapproprient le théâtre en retravaillant des textes existants. Dès lors, le robot dans ​Artefact s’​approche du rôle de créateur en devenant passeur de savoirs et producteur d’une sorte d’artefact.

Le message derrière les machines

Nous pouvons comparer la mise en scène et la signification d’​Artefact​ avec celles d’autres spectacles vivants qui utilisent des robots. ​Sayonara, version 2​ d’Oriza Hirata, par exemple, met ensemble sur scène un humain et un androïde (avec une apparence si réaliste que c’en est troublant); pour nous faire réfléchir à la place des robots dans notre monde aujourd’hui et pour nous avertir des dangers qui nous attendent dans le futur. Hirata normalise l’utilisation des robots dans le théâtre, en utilisant des androïdes non seulement dans ​Sayonara m​ ais aussi dans ses adaptations de ​La Métamorphose​ de Kafka et ​Les Trois Soeurs​ de Tchekhov, en version androïde. Pour Hirata, le futur des robots dans notre vie, et surtout dans notre théâtre, est évident8. Il ne s’agit donc pas de se demander si les robots vont avoir une présence sur scène, mais de savoir quelle signification nous donnerons à cette présence. Pourquoi mettre des robots sur scène, et pour transmettre quel genre de message ?

Dans les performances de danse ​Robot​ de Blanca Li et ​School of Moon​ de Eric​ ​Minh Cuong Castaing, les robots NAO dansent sur le plateau avec les danseurs humains, leurs deux corps à la fois en lien et en contraste à travers leurs mouvements. Ces spectacles explorent des questions de relation entre corps, et plus largement entre l’homme et la machine, comme Bianca Li le demande : « Une machine même évoluée peut-elle remplacer le rapport au vivant9 ? » Les robots humanoïdes NAO représentent une forme de machine entre le bras robotique froid et sans visage de ​Artefact,​ et l’androïde de Sayonara​ avec son apparence si réaliste que nous ne la distinguons pas facilement sur scène comme étant une machine. Li nous fait revenir également sur la question de la signification du mot artefact et l’idée de la machine comme créatrice, en demandant : « Les robots sont-ils des entités capables d’intégrer le désordre créateur10? »​ Le spectacle de Li repose surtout sur des éléments fantastiques pour émerveiller le spectateur, mais il finit par poser les mêmes questions sérieuses et sombres que S​ayonara​ et Artefact​.

Nous nous interrogeons également sur la question des publics et sur le rôle des jeunes comédiens et spectateurs, face aux machines. ​School of Moon​ met en scène des enfants, et le travail de Joris Mathieu vise surtout à « ​inventer des dispositifs innovants pour aller à la rencontre des publics et en particulier des plus jeunes spectateurs11 ​» . Si la signification derrière ses oeuvres est d’imaginer notre futur avec les machines, ce sont les enfants qui le vivront. En mettant des enfants sur le plateau avec les machines ou dans le public, ces spectacles posent des questions sur l’avenir directement aux jeunes qui vont le construire.

Robots sur scène : le futur du théâtre ?

L’enjeu du numérique dans le théâtre, et plus globalement dans les arts, n’est pas récent, mais il nous semble de plus en plus pertinent avec la rapidité des avancées technologiques et l’accélération de notre dépendance au numérique, au cours des deux dernières décennies. Dans le milieu du théâtre, le numérique est surtout présent derrière le spectacle, du côté du technicien et en arrière plan de la scène, mais à travers les oeuvres que nous venons d’évoquer, il est clair que la technologie et en particulier les machines, commencent à avoir plus de présence sur scène. Nous nous demandons donc si cette présence de robots-comédiens n’est « qu’une question de temps12 », comme le metteur en scène Oriza Hirata en est convaincu.

Nous nous questionnons aussi sur le rôle de la culture dans cette évolution. Dans la société japonaise dans laquelle Hirata vit et travaille, la présence des robots au quotidien est déjà normale, et leur insertion complète dans la société et plus recherché au Japon qu’ailleurs. Les robots NAO par exemple, sont largement utilisés ont vocation​ à être bientôt «​ ​mis au service du grand public comme assistant personnel13 ​» non seulement au Japon mais dans le monde entier.​ ​Au japon l’utilisation des robots dans le théâtre est donc moins choquante, et même logique. Les pièces de Hirata, comme celle de Mathieu nous font réfléchir au futur de l’Humanité, et à notre Histoire collective. Mais en réfléchissant aux différences culturelles, nous nous demandons si le déroulement de cette Histoire pourrait se passer différemment dans les diverses parties du monde.

Melissa DOUVILLE Tereza KASPAROVA

 

1 ​Mathieu, Joris, directeur du TNG. Discussion post-séance le 17 novembre 2017.

2 Idem.

3 Mathieu, Joris, directeur du TNG. Discussion post-séance le 17 novembre 2017.

4 Larousse (2018) ​Robot ​[en ligne]. Disponible sur : ​http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/robot/88768

5 Pluta, I. ​(2016) ​Lorsqu’un metteur en scène re/invente un objet technologique. Parcours, collaborations, traces, Hispania, 31 (19), p. 121

6 Pluta, I. ​(2016) ​Lorsqu’un metteur en scène re/invente un objet technologique. Parcours, collaborations, traces, Hispania, 31 (19), p. 121

7 ​Larousse (2018) ​Artefact ​[en ligne]. Disponible sur : ​http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/artefact/5512

8 Hirata, O. (2011) Le théâtre et les robots. Agôn, [en ligne] Disponible sur :http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=1170​ ​/

9 Blanca Li (2014) ​Robot ​[en ligne]. Disponible sur : ​https://www.blancali.com/fr/event/99/robot

10 Idem.

11Théâtre Nouvelle Génération (2017) ​Joris Mathieu ​[en ligne]. Disponible sur :http://www.tng-lyon.fr/artistes/joris-mathieu/

12 Pluta, I. (2013) Robots sur scène : (En)jeu du futur / Sayonara ver. 2 / Les Trois Soeurs version Androïde. Jeu, [en ligne] 149 (145–148), Disponible sur : ​https://www.erudit.org/fr/revues/jeu/2013-n149-jeu01089/70915ac/

13 ​Blanca Li (2014) ​Robot ​[en ligne]. Disponible sur : ​https://www.blancali.com/fr/event/99/robot

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages :

Besnier, J. (2009) Demain les posthumains. Paris : Hachette Littératures.
Mèredieu, F. (2004) Histoire matérielle et immatérielle de l’art moderne. Paris : Larousse.

Articles de revue :

Pluta, I. ​(2016) ​Lorsqu’un metteur en scène re/invente un objet technologique. Parcours, collaborations, traces, Hispania, 31 (19), pp. 115–129

Pluta, I. (2013) Robots sur scène : (En)jeu du futur / Sayonara ver. 2 / Les Trois Soeurs version Androïde. Jeu, [en ligne] 149 (145–148), Disponible sur :https://www.erudit.org/fr/revues/jeu/2013-n149-jeu01089/70915ac/​ [Consulté le 16 février 2018]

Hirata, O. (2011) Le théâtre et les robots. Agôn, [en ligne] Disponible sur :http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=1170​ ​/​ [Consulté le 20 février 2018]

Articles de Presse

Chazelle, A. (2016) Danse avec les robots. Mouvement​, [​ en ligne] 5 janvier 2016. Disponible sur :http://www.mouvement.net/teteatete/entretiens/danse-avec-les-robots​ [Consulté le 22 février 2018]

Morain, O. (2017) « Artefact » : Joris Mathieu bouscule les codes du travail et remplace les comédiens par des robots. France info, [en ligne] 16 avril 2017. Disponible sur :https://culturebox.francetvinfo.fr/theatre/theatre-contemporain/artefact-joris-mathieu-remplace -les-comediens-par-des-robots-254791​ [Consulté le 22 février 2018]

Hillériteau, T. et Bavelier, A. (2013) Robots, androïdes, hologrammes : les nouvelles stars. Le Figaro, [en ligne] 26 décembre 2013. Disponible sur :http://www.lefigaro.fr/theatre/2013/12/26/03003-20131226ARTFIG00143-robots-androides-holo grammes-les-nouvelles-stars.php​ [Consulté le 20 février 2018]

Site-webs

Théâtre Nouvelle Génération (2017) A​ rtefact ​[en ligne]. Disponible sur :http://www.tng-lyon.fr/spectacles/artefact/​ [Consulté le 20 février 2018]

Théâtre Nouvelle Génération (2017) J​ oris Mathieu ​[en ligne]. Disponible sur :http://www.tng-lyon.fr/artistes/joris-mathieu/​ [Consulté le 20 février 2018]

BlancaLi(2014)​Robot[​enligne].Disponiblesur:h​ ttps://www.blancali.com/fr/event/99/robot[Consulté le 20 février 2018]

Larousse (2018) R​ obot [​ en ligne]. Disponible sur :http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/robot/88768​ ​[Consulté le 20 février 2018]

Larousse (2018) A​ rtefact [​ en ligne]. Disponible sur :http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/artefact/5512​ [​ Consulté le 20 février 2018]

carnet de bord #4

 

Il ne devrait pas être permis de faire des études universitaires sans voyager. Mon cerveau en a encore des courbatures. Les yeux grands ouverts, sourires francs, à passer cinq jours à déambuler comme une meute d’enfants dans une ville qu’on connaît un tout petit peu plus. Capturer le chant de la langue, façades d’immeubles, nouveaux visages, vitrines et publicités, plats mystérieux. Saisir puis s’imprégner et se rapprocher. Rien n’est comme on l’imaginait en observant de loin. Et qu’est-ce que ça rend intelligent d’aller à la rencontre. On a beau le savoir, c’est si vivant de réactualiser cette manière d’être en faisant dérailler son quotidien !

Cinq jours de cours, visites, rencontres, cinq jours ce que c’est court. Mais déjà assez pour confronter ses représentations au réel, balayer la simplicité supposée du monde et l’embrasser à nouveau dans toute sa joyeuse complexité.

Un centième moins complexe grâce à Milena, Irina, Borka, Aleksandra, Milan, Goran et tous les autres. Des professeurs, des étudiants, des artivistes, des citoyens. Grâce à qui on a pu rattacher à du concret des concepts pleins de syllabes. « Échange interculturel », « patrimony », « živeli » et j’en passe.

Grâce à toutes les personnes rencontrées on a pu ressentir la signification de l’hospitalité, d’une franche hospitalité même, qui donne simplement envie de rendre la pareille de retour au bercail. Et l’envie de continuer à échanger. Glaner des secrets de cuisine, s’informer sur l’état de la scène punk, découvrir les standards de la musique serbe en karaoké, et surtout, surtout, s’inscrire dans cette tradition plusieurs fois centenaire d’échange entre universités européennes en dansant le rock jusqu’au petit matin au squat de Kvaka 22.

Une sensation désarçonnante, propre à chaque voyage, aura été d’incarner plusieurs identités tout au long de voyage. N’être que soi mais dans la rencontre avec l’autre, représenter 1- le touriste un peu paumé, 2- les clichés français, 3- le patrimoine lyonnais, 4- le système universitaire national avec sa tribu de collègues étudiants, 5- 6- 7-…  Et composer avec toutes ces facettes, avec ce que l’autre en attend, dans ce qu’on offre à voir et dans la manière dont c’est reçu. Jongler avec ce qui vient de soi et ce qu’on attend de nous en tant que membre d’une communauté. Et au final, bien simplement, rencontrer des personnes incroyables – et dans nos différences trouver tellement en commun.

On avait beau s’être rencontré quelques fois entre M1 et M2, c’est bien deux tribus distinctes qui sont parties de l’aéroport de Lyon. Mais quelques dizaines d’expéditions à pied, du chinage de haut vol, des grandes ventrées de goulasch et ces quelques bières de trop nous auront fait repartir comme une seule équipe et ça, c’est une des plus belles promesses à l’avenir qui ressort de ce voyage. C’était déjà prodigieux d’avoir rencontré des personnes aussi folles dans ma promo… hé bien oui, doublons la mise !

A bientôt Belgrade(s)

V LH

La réduction des contrats aidés

 

Nous avons choisi de travailler sur la réduction des contrats aidés et l’impact de cette mesure sur le milieu culturel. Nous avons vite compris que le gel des contrats aidés soulevait un certain nombre de problèmes. Nous nous sommes alors demandé :

En quoi les mesures prises par le gouvernement sur les contrats aidés ont-elles un impact sur le milieu culturel ? Et de manière plus globale, de quelle manière le milieu culturel peut-il être directement impacté par des décisions prises par le gouvernement ?

 

17 articles composent notre corpus, issus des journaux suivants :  Petit Bulletin, Ouest France,La Gazette des communes,LeBerry Républicain, Le Progrès, Les Échos, Le Monde, Le Télégramme, La Dépêche du Midi, France Info.

 

Présentation des contrats aidés

 

Sur le site du web du Ministère du Travail, nous pouvons trouver la description des quatre types de contrats aidés (http://travail-emploi.gouv.fr/emploi/insertion-dans-l-emploi/contrats-aides/). Ces contrats s’adressent aux publics éloignés du marché du travail (demandeurs d’emploi de longue durée, jeunes en grande difficultés). L’embauche et l’accompagnement sont encadrés et appuyés financièrement par l’état. Nous trouvons ainsi : les emplois d’avenir, le contrat unique d’insertion – contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI – CAE), le contrat unique d’insertion – contrat initiative emploi (CUI – CIE), ainsi que le contrat starter.

 

Les décisions du gouvernement

 

Le gouvernement a annoncé cet été le gel des contrats aidés, jugés « coûteux et peu efficaces. » Cette mesure prise en période estivale sans aucune discussion avec les acteurs concernés a créé la politique, notamment dans le secteur culturel qui nous intéresse particulièrement ici. Les conseillers Pôle Emploi, qui se chargent de signer les conventions entre l’État et les structures, ont donc eu de mauvaises nouvelles à annoncer du jour au lendemain. Ce qui a surtout surpris et alimenté la polémique a donc été la manière dont cela a été fait : sans préavis, sans discussion avec les secteurs concernés et sans solution en échange, rien pour remplacer ces contrats non renouvelés.

 

En 2016, 460.000 contrats aidés avaient été signés. En 2017, durant la présidence de François Hollande, une forte baisse avait été décidée avec 270.000 contrats prévus. Or, une majeure partie de ces contrats ont été accordés durant le premier semestre de l’année. Lorsque que le mandat d’Emmanuel Macron a alors commencé, il ne restait plus assez de contrats possibles pour le deuxième semestre au vu de la demande. Ceci a constitué le premier mouvement de panique. Pour régler les situations les plus délicates, le gouvernement a alors créé environ 40.000 contrats supplémentaires élevant ainsi le chiffre total à 310.000 contrats pour l’année, ce qui représente tout de même 150.000 contrats de moins qu’en 2016. Enfin, pour 2018, le gouvernement Philippe indique assez clairement vouloir réduire ce chiffre à 200.000 contrats ; raison pour laquelle de nombreux contrats n’ont pas été renouvelés.Pratiquement tous les secteurs sont concernés et notamment les plus gourmands en contrats aidés comme celui de la culture.

 

Pourquoi cette réduction ? Le gouvernement maintient que ce système est trop cher et peu efficace. Le but de ces contrats est d’aider les gens à s’insérer sur le marché du travail. L’année dernière, cela a couté plus de 4 milliards d’euros à l’Etat qui explique que le chômage n’a pas beaucoup baissé.

Le gouvernement maintient le dispositif à un niveau de 200 000 pour 2018 mais le resserre : les entreprises privées qui les utilisaient n’y auront plus droit. Ensuite, il cible les contrats aidés sur des secteurs prioritaires : l’urgence sanitaire et sociale (c’est à dire les associations de lutte contre la pauvreté ou d’aide d’urgence) ou encore l’accompagnement des enfants handicapés en milieu scolaire. L’outre-mer aussi sera privilégiée. Le gouvernement promet aussi d’être plus regardant sur ceux qui en bénéficieront : il réserve ces contrats aux jeunes et aux moins qualifiés. Par ailleurs, le terme « contrat aidé » pourrait bien disparaître pour laisser place aux « parcours emploi compétences », relativement similaires.

 

Les impacts sur le milieu culturel

 

Romain Blachier, adjoint à la Culture et au Numérique à Lyon 7e et membre de la commission culture d’Emmanuel Macron, a alerté la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, et son directeur de cabinet Marc Schwartz : « Je pense qu’il s’agit avant tout d’une méconnaissance du dossier. Il n’y a que dix conseillers par ministre, ils n’ont pas une vision à 360 degrés. La fin du contrat aidé dans l’industrie ou l’entreprise n’est pas
forcément une bêtise. Dans la culture, c’est différent, je ne suis pas pour leur suppression brutale, les plus petites structures vont pâtir de cette décision. »

 

Le milieu culturel se trouve en effet directement impacté par les décisions du gouvernement puisque de nombreuses structures et associations avaient recours aux contrats aidés. Le corpus d’articles de presse relate des témoignages de personnes qui se retrouvent sans emploi ou qui doivent fermer leur structure par manque de moyen et de personnel.

 

Romain Blachier précise la complexité de ces contrats dans le milieu culturel : « Malheureusement, {ils} sont souvent détournés. Il ne faut pas que le CAE soit un moyen de subvention déguisé : est-ce normal que, pendant vingt ans, une compagnie n’embauche que des CAE sans jamais les intégrer en CDI au bout de deux ans ? Ne devrait-on pas créer un contrat moins hypocrite, changer la forme ? ».

 

En effet, les contrats aidés dans le milieu culturel n’étaient pas toujours réellement adaptés à la situation des personnes mais apparaissaient souvent être l’unique solution pour permettre une embauche.

 

Conclusion

 

Ce type de contrat permet à des petites structures de pouvoir embaucher des employés qu’elles n’auraient pas pu rémunérer sans contrat aidé.

En gelant les contrats aidés ce sont les employés, les PME, les associations et les collectivités locales qui se trouvent touchés. Ces contrats sont essentiels pour maintenir le tissu associatif et culturel qui n’a pas toujours les moyens de rémunérer le personnel nécessaire, notamment dans un contexte qui voit les subventions publiques souvent en baisse.

 

Le problème principal de cette décision du gouvernement a été la brutalité de sa mise en œuvre et le fait que rien ne soit pour l’instant proposé en échange. Il est important de noter tout de même que dans le milieu culturel, il est vrai que de nombreux contrats aidés avaient été signés par manque de moyens financiers de la part de l’employeur, souvent associatif, et non par réel éloignement du marché du travail de l’employé. Dans le milieu culturel, ce contrat n’est donc pas forcément la solution idéale, ou du moins la plus adaptée au contexte, mais il était un moyen très utile de maintenir la vie associative et culturelle à moindres coûts pour les structures les plus en difficulté. Il apparaît nécessaire de trouver une alternative afin de pallier aux difficultés créées par la suppression de nombreux contrats aidés.

 

Cette question d’actualité permet de mettre en relief la précarité du milieu culturel, notamment le réseau des petites et moyennes associations. Cela montre aussi à quel point une décision gouvernementale peut impacter de manière rapide et violente tout un milieu. Le secteur culturel n’apparaît toujours pas être une priorité politique, même si des promesses de solutions ont été prononcées par la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Mais, cela soulève surtout la question plus générale du rôle de l’État dans le milieu culturel.

 

Lola Rodamel & Fanny Dessaix

Corpus articles contrats aidés

Classement par ordre chronologique

 

 

  • Nicolas Bros, « Le Musée du vieux Saint-Étienne contraint de fermer », Le Petit Bulletin, Édition de Saint-Étienne, {En ligne} publié le 31/08/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/saint-etienne/infos-article-58686-Le+Musee+du+vieux+Saint-Etienne+contraint+de+fermer.html

 

  • Nadja Pobel, « Les clochards célestes. Louise Vignaud : « du temps pour créer ! » », Le Petit Bulletin, Édition de Lyon, {En ligne} publié le 05/09/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/lyon/theatre-danse-article-58699-Louise+Vignaud+++++Du+temps+pour+creer+!++.html

 

  • Raphael Bloch, « Contrats aidés : les secteurs les plus touchés par les suppressions », Les Échos, {En ligne} publié le 05/09/17

Accès :https://www.lesechos.fr/economie-france/social/010209264852-contrats-aides-les-secteurs-les-plus-touches-par-les-suppressions-2111793.php

 

  • Sébastien Broquet, « Édito », Le Petit Bulletin, Édition de Lyon, N°889 du 06/09 au 12/09/2017

 

  • « Emplois aidés : des questions sans réponse », Éditorial, Le Monde, {En ligne} publié le 09/09/17

Accès :http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/09/09/emplois-aides-des-questions-sans-reponse_5183331_3232.html

 

  • Julie Hainaut, « Gel des contrats aidés : la culture fortement impactée », Le Petit Bulletin, Édition de Lyon, {En ligne} publié le 12/09/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/lyon/infos-article-58806-Gel+des+contrats+aides+++la+culture+fortement+impactee.html

 

  • Geoffrey Gaye, « L’inquiétude règne à la MJC », Le Progrès,{En ligne} publié le 13/09/17

Accès :http://c.leprogres.fr/rhone/2017/09/13/l-inquietude-regne-a-la-mjc

 

  • Jean-Baptiste Auduc, « Contrats aidés en baisse : la culture en berne », Le Petit Bulletin, Édition de Grenoble, {En ligne} publié le 15/09/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/grenoble/infos-article-58895-Contrats+aides+en+baisse+++la+culture+en+berne.html

 

  • Emilie Denètre, « Réduction des contrats aidés : quel impact sur le secteur culturel ? », La Gazette des communes, {En ligne} publié le 19/09/17

Accès :http://www.lagazettedescommunes.com/524081/reduction-des-contrats-aides-quel-impact-sur-le-secteur-culturel/

 

  • Fanny Guinochet, « Le décryptage éco. Le gouvernement fait-il vraiment un geste sur les contrats aidés », France Info, {En ligne} publié le 22/09/17

Accès :http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-decryptage-eco/le-decryptage-eco-le-gouvernement-fait-il-vraiment-un-geste-sur-les-contrats-aides_2362227.html

  • « Contrats aidés. Le Conseil culturel de Bretagne tire la sonnette d’alarme », Le Télégramme, {En ligne} publié le 25/09/17

Accès :http://www.letelegramme.fr/finistere/contrats-aides-le-conseil-culturel-de-bretagne-tire-la-sonnette-d-alarme-25-09-2017-11676047.php

 

  • Marianne Deumié, « Leur avenir menacé par la fin des emplois aidés », Ouest France{En ligne}, publié le 03/10/17

Accès : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/trelaze-49800/leur-avenir-menace-par-la-fin-des-emplois-aides-5292541

 

  • Françoise Etoubleau, « Sans salariés, le musée et le Kifanlo en péril », Ouest France {En ligne} publié le 03/10/17.

Accès :https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-sables-dolonne-85100/sans-salaries-le-musee-et-le-kifanlo-en-peril-5292136

 

  • Sébastien Broquet, « Loïc Graber : l’inconnu », Le Petit Bulletin, Édition de Lyon, {En ligne} publié le 10/10/17

Accès :http://www.petit-bulletin.fr/lyon/infos-article-59177-Loic+Graber+++l+inconnu.html

 

  • Sabrina Vernade, « Il restera désormais fermé le samedi après-midi, les dimanches et jours fériés », Le Berry Républicain,{En ligne} publié le 17/10/17

Accès :http://www.leberry.fr/sainte-montaine/loisirs/fetes-sorties/2017/10/17/il-restera-desormais-ferme-le-samedi-apres-midi-les-dimanches-et-jours-feries_12592962.html

 

  • Christophe Zoia, « Emplois aidés : la culture tousse », La Dépêche, {En ligne} publié le 30/10/17

Accès :https://www.ladepeche.fr/article/2017/10/30/2675313-emplois-aides-la-culture-tousse.html

 

  • Sébastien Broquet, “6e Continent, c’est fini”, Le Petit BulletinÉdition de Lyon, {En ligne} publié le 19/12/17

Accès :

http://www.petit-bulletin.fr/lyon/infos-article-59905-6e+Continent++c+est+fini.html

 

 

Le modèle du café-théâtre à Lyon, un pari pour l’entrepreneuriat culturel

 

Depuis mai 68, comme l’écrit Vincent CASANOVA[1], on constate une rupture dans l’histoire du théâtre en France. Au cours des années 70 se multipliaient des jeunes compagnies qui cherchaient à promouvoir un théâtre d’un genre nouveau, qui se voulait plus léger et accessible aux divers publics, notamment sur le plan financier et artistique. Le but était de déconstruire les codes traditionnels du théâtre et d’impliquer le public dans le spectacle en cassant la frontière entre le spectateur et la scène. Nous assistions à la naissance des cafés-théâtres.

 

C’est à Lyon notamment que le modèle s’est particulièrement épanoui, à tel point que le café-théâtre fait partie de la culture des Lyonnais.e.s. Aujourd’hui, face aux enjeux actuels, les cafés-théâtres lyonnais se réinventent régulièrement pour rester innovants et toujours aussi populaires. Entre autres, le phénomène internet par exemple, qui a bouleversé la scène et surtout les petites salles.

 

En quoi le modèle du café-théâtre est-il un exemple d’entrepreneuriat et d’innovation dans le secteur culturel à Lyon? Est-ce qu’aujourd’hui ce modèle économique est-il toujours viable?

 

Pour tenter de répondre à ces questions, nous avons au préalable étudié et analysé le modèle économique de neuf cafés-théâtres lyonnais en recueillant les informations les plus pertinentes à travers quatre hypothèses. Puis, nous avons choisi deux cafés-théâtres qui nous sont apparus reposer sur des fonctionnements différents, afin de constater ou pas nos hypothèses sur le terrain et d’approfondir notre réflexion en interrogeant les représentants de ces deux structures sur la base d’une étude de faisabilité (stratégie commerciale, politique de prix, analyse d’offre et demande, etc.). Il s’agit du:

Le Shalala – Bar à spectacles-, qui a retenu notre intérêt en raison d’une proposition à caractère innovant et de sa creátion récente;

Le Complexe du Rire – Café-théâtre, qui est à l’inverse fortement implanté depuis plus de 20 ans dans le paysage culturel lyonnais et qui chaque année se réinvente.

 

     Le  modèle du café-théâtre exige une programmation centralisée sur le divertissement afin d’atteindre un grand nombre de public.

 

Le café-théâtre puise dans des inspirations plus lointaines et historiques. Avec une programmation centrée sur l’humour où “Les textes dramatiques sont souvent satiriques (one (wo)man show) ou poétiques (montage de textes, poèmes ou chansons)”[2]; on peut trouver une filiation avec les tavernes du Moyen Age, ou encore les cafés philosophes du XVIII siècle.

 

À Lyon, le premier café-théâtre est né en 1985 de l’idée de trois amis (Pascal COULAN, Philippe GIANGRECO, et Henri POURADIER DUTEIL). L’Accessoireest considéré comme le deuxième café-théâtre de la France. Ce lieu mythique a accueilli la majorité des comédien.ne.s lyonnais.e.s qui aujourd’hui font vivre les différents lieux de café-théâtre et qui ont donné à Lyon le titre de la capitale du genre selon France Info[3].

 

     Le modèle du café-théâtre est basé sur la diversification du financement afin d’assurer son développement. À Lyon, ce modèle dépend plutôt de la relation commerciale avec les entreprises.

 

Selon Frédéric de Beauvoir, directeur de Le 100, un établissement solidaire qui aide et forme les artistes à l’entrepreneuriat culturel à Paris: « l’œuvre ne suffit plus à l’artiste pour vivre. Ce capital symbolique qu’elle constitue doit être consolidé par une diversification, afin de créer une activité économique pérenne. »[4]Pour Le Shalalaet Le Complexe du Rire,les soirées privées et la location de salles aux comités d’entreprise (activités sociales et culturelles au profit des salarié.e.s) ou directement aux sociétés (pour des actions de “team-building”par exemple) constituent les activités les plus rentables.

 

Pour autant, Maxence FONTAINE et Hélöise BARON du Le Shalala, même s’ils le font occasionnellement (3 ou 4 fois par an en moyenne) ne cherchent pas à développer davantage ce type de relation avec les entreprises. Ils sont fortement attachés à l’idée que Le Shalala reste un espace d’échanges, de coopération et de totale liberté artistique. Steven HEARN constate en ce sens ce point que “les motivations des entrepreneurs du secteur culturel sont plus intrinsèques (originalité, valeur et sens des projets, créativité) que extrinsèques (rémunération)” dans son Rapport sur le développement de l’entrepreneuriat dans le secteur culturel en france.En ce sens, Cécile MAYET, directrice artistique de Le Complexe du Rire, considère que la viabilité financière de son café-théâtre est liée à la diversification des services et prestations proposés. C’est la somme de la vente des billets, la location de salles, la restauration (90% des gens mangent avant le spectacle) et les soirées privées qui rendent le projet rentable. Aujourd’hui, au sein de ce lieu, les recettes générées par le bar à tapas en une soirée équivaut à la rentabilité de la billetterie d’une salle de spectacle. Le Complexe du Rire réalise un chiffre d’affaires annuel d’un million d’euros. De son côté, pour financer ses activités, Le Shalaladéveloppe le financement participatif, grâce auquel il a pu obtenir 10 000 euros pour sa création, mais il n’a pas encore arrêté définitivement de stratégie commerciale ou de modèle économique.

 

     La force du phénomène internet a impacté au niveau économique les cafés-théâtres lyonnais.

 

Actuellement, un de plus grands défis pour les cafés-théâtres est d’attirer un public plus jeune. Selon Cécile MAYET, la jeunesse doit faire face à des contraintes financières élevées et à une certaine précarité. Les jeunes et notamment les étudiants, vont avoir tendance à préférer se divertir à la maison en regardant les chaînes desone man’s show sur YouTube. C’est ce qu’elle appelle “la culture à domicile”.

 

Les modes de communication ont également changé,  et les cafés-théâtres doivent nécessairement s’y adapter. Pour faire connaître Le Complexe du Rireau plus grand nombre, la structure a promu un serveur expérimenté de son personnel à la communication sur la plateforme Instagram.

 

Les plateformes numériques et réseaux sociaux sont également un formidable vivier de talents et au final une concurrence non négligeable aux cafés-théâtres. Pour le youtubeur et producteur Lorenzo BENEDETTI, ce que les cafés-théâtres et les émissions de télévision faisaient dans la recherche de nouveaux talents, aujourd’hui les chaînes de YouTube le font très bien, “tous les gens qui ont du talent utilisent ce canal très direct pour s’exprimer et ensuite pour s’en repérer, puisqu’ils font de vues et, donc ça attire l’attention des producteurs comme moi ou d’autres, et grâces à ça ils arrivent à accéder à la notoriété.” Donc, YouTube produit une quantité très grande de nouveaux talents pour un jeune public qui est très connecté. 85% des français ont accès à internet et 74% y accèdent tous les jours- 95% de ces gens sont des jeunes entre 18 et 24 ans. (Données du Baromètre du Numérique de l’étude annuel CREDOC.) Pour conquérir ce public nouveau, Le Complexe du Rire  a invité un youtubeur pour jouer un spectacle, ce qui a été un grand succès.

 

     La baisse des subventions publiques et le désir d’indépendance des artistes ont rendu de manière globale le comedien.ne entrepreneur.e

 

Françoise BENHAMOU décrypte dans L’économie de la cultureles effets pervers de la subvention et comment les prix des spectacles ne suffisent pas pour couvrir l’accroissement des coûts de fonctionnement. La baisse des subventions publiques peut rendre vulnérable l’artiste et in fine menacer sa liberté artistique. C’est la raison pour laquelle, on constate que les artistes cherchent à développer des nouvelles formes d’organisation. Catherine PARADEISE introduit dans son livre Les Comédiens, profession et marchés du travailparu en 1998 la notion de «nouveaux comédiens-entrepreneurs». L’auteure les définis comme des artistes qui montent de petites compagnies, souvent sous la forme souple d’association, pour rechercher des financements.

 

La notion d’entrepreneuriat culturel a été partagée pour la première fois en 1982 par le sociologue Paul DIMAGGIOqui a décrit comment s’est construite la “culture savante” à Boston aux Etats-Unis. Il reconnaissait une forme d’organisation alternative dans le secteur de la musique, où les collègues travaillaient ensemble de façon coopérative, pour partager les bénéfices et gérer le groupe. Cependant ces structures étaient vulnérables aux initiatives du marché.

En ce domaine,Le Shalalaa voulu créer une structure basée sur la mise en commun et mobilisation de toutes les compétences présentes au profit de l’association. Tous et toutes sont comédien.ne.s, mais chacun.e sont, à tour de rôle et selon les affinités, serveur.euse, régisseur.euse, administrateur.trice. Une histoire de polyvalence maîtrisée qui renforce la liberté d’action au service du projet artistique et l’envie de créer un lieu de partage de valeurs éloigné du système financier et du besoin vital de subventions publiques. Dans son rapport précité, Steven HEARN explique que «la plupart des acteurs de la vie économique n’envisage la culture que sous l’angle du mécénat. Pour eux, le plus souvent, les entrepreneurs du secteur sont des artistes mauvais gestionnaires évoluant dans un secteur exempt de rentabilité».C’est pour cela qu’un lieu comme Le Shalaladevient aussi un terrain pour discuter les principales problématiques du secteur comme le statut d’intermittent du spectacle et sa difficulté d’interagir avec les acteurs économiques pour mettre en lumière une problématique actuelle. De son côté, Le Complexe du Rire, qui est exploité sous la forme d’une société commerciale (SARL), créé chaque année des projets innovants qui ont permis financer son activité depuis 20 ans et qui emploie une vingtaine de personnes qui font vivre le lieu. Tout cela, sans financement public ou privé. Après avoir investi 5 000 francs pour sa création, Le Complexe du Rirese valorise aujourd’hui à 105 000 euros.

 

     En conclusion, si les enjeux sont importants et les défis nombreux pour les structures culturelles, ils sont, et ont été pour les cafés-théâtres lyonnais une formidable opportunité de faire le pari gagnant de l’innovation à tous les points de vue (culturel, organisationnel, structurel, juridique), et ainsi maintenir sa place si particulière dans le paysage culturel de la ville.

En 2018, Lyon continue à accueillir des nouveaux lieux sous la forme de café-théâtre ou bar à spectacles, comme Le Nid de Poule, troupe d’artistes qui cherchent à dynamiser son propre secteur et à créer des nouveaux modèles économiques pour continuer à s’exprimer sans tabou et à partager l’intimité avec le public, dans le rire.

 

Il est à espérer qu’enfin le secteur culturel soit reconnu dans des stratégies de stimulation de l’entrepreneuriat et de l’innovation, dont le programme Investissements de l’avenir.

 

Natalia Petrus Da Silva

Juan Rojas Castillo

Master 1 DPACI Année 2017-2018

 

BIBLIOGRAPHIE

 

BENHAMOU, Françoise. L’économie de la culture. Sixième édition. 2008.

CASANOVA, Vincent. Le café-théâtre. Jalons Version Découverte. Médiathèque. Vidéo 12 janvier 1970.

CHANTREL, Flavien. Étude du CREDOC : les français et Internet. Blog du modérateur, 2008 [consulté le 12.03.18]. Disponible sur : https://www.blogdumoderateur.com/etude-du-credoc-les-francais-et-internet/

CHIRITA, Mirce-Gabriel, POISSON-deHARO Serge, CISNEROS-MARTINEZ Luis Felipe et FILION Louis Jacques. Entrepreneuriat et industries du domaine des arts et de la culture. Juillet 2009 ISSN : 0840-853X. Disponible sur http://expertise.hec.ca/chaire_entrepreneuriat/wp-content/uploads/2009-02-entrepreneuriat_iindustries_arts.pdf

DIMAGGIO, Paul. / Cultural entrepreneurship in nineteenth-century Boston : The creation of an organizational base for high culture in America. In: Media, Culture & Society. 1982 ; Vol. 4, No. 1. pp. 33-50

Etude de faisabilité d’un café théâtre : un nouveau concept d’animation urbaine, le stand up. e&a, études et analyses. Disponible sur https://www.etudes-et-analyses.com/marketing/marketing-produit/etude-de-marche/etude-marche-projet-restauration-animation-maroc-331900.html

HEARN, Steven. Rapport à la ministre de la culture et de la communication et au ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique. Sur le développement de l’entrepreneuriat dans le secteur culturel en france. Juin 2014. Disponible surhttp://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/144000364.pdf

Interview avec Lorenzo Benedetti. Europe1 07.11.15 [consulté le 12.03.18]. 1 video 7min28. Disponible sur : http://www.europe1.fr/emissions/linterview-verite-du-week-end/lorenzo-benedetti-pour-les-humoriste-internet-remplace-les-cafes-theatre-2616911

L’entrepreneuriat sauvera-t-il la culture ?. Maxime Hanssen. Novembre 2016. Disponible sur https://acteursdeleconomie.latribune.fr/territoire/2016-11-18/l-entrepreneuriat-sauvera-t-il-la-culture.html

Lʼentrepreneur culturel : un entrepreneur comme les autres ?. Document réalisé pour l’Arcade par les Journées de l’Entrepreneuriat culturel et créatif. Avril 2015. Disponible sur http://www.arcade-paca.com/fileadmin/documents/permanents/ressources/Dossiers%20doc/Zoom_GE/Note_entreprendre_culture_paca_avril_2015.pdf

Le Shalala, le bar qui laisse baba. Le Petit Bulletin. Janvier 2017. Disponible sur http://www.petit-bulletin.fr/lyon/guide-urbain-article-56636-Le+Shalala++le+bar+qui+laisse+baba.html

Lyon: Les théâtres font le plein. FranceInfo. France 3. Décembre 2017. Disponible sur https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/lyon-theatres-font-plein-1392419.html

PAVIS, Patrice. Dictionnaire du Théâtre en 2004. Armand Colin, 2004, 40 et 41 p. ISBN 2-200-263090.

PARADEISE, Catherine. Les comédiens. Profession et marchés du travail. Avec la collaboration de Jacques Charby et François Vour’ch. Janvier 1998.

Quel destin pour les cafés-théâtres lyonnais, cette pépinière d’humoristes ?. FranceInfo. Décembre 2016. Disponible sur https://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/humour/quel-destin-pour-les-cafes-theatres-lyonnais-cette-pepiniere-d-humoristes-250739

[1]Vincent CASANOVA. Le café-théâtre. Jalons Version Découverte. Médiathèque. Vidéo 12 janvier 1970.

[2]Patrice PAVIS. Dictionnaire du Théâtre en 2004. Armand Colin, 2004, 40 et 41 p.

[3]Quel destin pour les cafés-théâtres lyonnais, cette pépinière d’humoristes ?. FranceInfo. Décembre 2016.

[4]L’entrepreneuriat sauvera-t-il la culture ?. Maxime Hanssen. Novembre 2016.